Le lien entre dieux et l'homme dans les mythes

Nous cosmonautes du troisième millénaire, nous vivons, comme ceux qui nous ont précédés à partir de la naissance du Christ, dans une sorte de limbes spatio- temporelle, à la fois loin de l'âge d'Or, du Jour du Jugement Dernier et de l'avènement du nouveau Règne.

Il y eut un temps où des déesses d'une incomparable beauté ont sillonné les routes du mondes, et des jours durant lesquels le destin des peuples était décidé et défini par les exploits d'hommes valeureux et par bon vouloir des dieux, des alliances entre les habitants d'olympes différents d'une région à l'autre de la Terre.

Puis une aube est arrivée durant laquelle il fut décidé que le Dieu Unique des Hébreux, des Chrétiens et des Musulmans aurait gouverné avec sa raison, sur toutes les races et sur toutes les fois de tous les temps : seulement alors, l'Humanité Libérée aurait pu aspirer à une toile de Joie et de Paix et à son égalité avec le Créateur.

Nous vivons donc suspendu entre le souvenir et l'attente d'une ère dont nous ne savons rien : en effet, quand la première ère était là, nous n'y étions pas ; quand la prochaine sera venue, nous ne serons plus là...

La différence entre Mythe et religion, réside en effet en ceci : dans l'être "primitif" c'est-à-dire tourné vers le passé à la recherche d'une origine (peu importe laquelle) lointaine dans le temps et dans le transmettre grâce à la mémoire une pérennité pour l'un, et dans l'être annonce de rédemption, "eschatologique", révolte, avec son corollaire de foi et d'espérance, en ce qui doit arriver pour l'autre : son but est tourné vers la Fin et vers une hypothétique temps futur et incertain duquel le présent est en attente perpétuelle de rédemption et de salut.

Dans la religion,donc, à l'inverse du mythe, la foi dans le futur semble l'emporter sur la reproduction du passé, au point que les regards et les pensées se tournent non pas à ce qui doit ou qui pourrait revenir, mais à quelque chose qui devrait arriver de totalement neuf.

Mais que veut dire exactement "Mythe" ?

Trop souvent, nous confondons le mythe avec la mythologie. C'est un terme philosophico-religieux, dérivé de "mithos", qui signifie "fable, récit, légende", et qui indique la présentation sous forme irrationnelle et fantastique de vérités morales spécifiques, historiques, sociales et religieuses.

Au sens religieux, le Mythe est un récit fabuleux d'évènements ou d'aventures qui ont comme protagonistes des personnages divins, semi-divins ou surhumains.

C'est ce qui distingue le Mythe de la Saga ou de la Fable : il n'est jamais l'oeuvre d'un seul individu, mais il est le travail d'une communauté ou d'une société. C'est en lui que s'expriment les traditions culturelles, le patrimoine spirituel et religieux de la population, et il existe seulement dans la tradition vivante de cette dernière, et ce n'est souvent rien de plus que la narration rituelle des origines et des lois d'une tribu, bien que certains mythes et certaines histoires soient communes à tous les peuples de la terre, presque pour indiquer un substrat, une origine commune ou des évènements historiques qui ont caractérisé toute l'histoire de notre planète dans un passé très lointains.

La mythologie au contraire est une narration, un récit, une étude de ces dynamiques qui ont amené à la formation d'un éventuel récit mythologique et de sa symbolique. Pour certains, comme le soutient Hegel, la mythologie est considérée selon deux perspectives différentes : la première la considère comme des simples histoires extérieures, qu'il serait indigne de mettre en rapport avec Dieu, et donc la mythologie est considérée seulement d'unpointde vue historique. Le second point de vue au contraire, ne veut pas se contenter du côté extérieur des personnages des récits mythologiques, mais soutient qu'en eux un sens général plus profond est implicite et qu'il est du devoir de la mythologie, comme considération scientifique des mythes, de connaître ce qu'il y a derrière le voile de la métaphore : la mythologie devrait donc être entendue d'un point de vue symbolique.

Pour nous, la compréhension du mythe devrait constituer un moment essentiel, comme une partie du processus d'"autocompression" de la raison. Le mythe est l'autre face du logos : la mythologie en tant que documentation des expériences et d'une histoire passée (et par conséquent irrécupérable si ce n'est sous forme de récit), représente la seule forme intelligible de cette dimension pré-rationnelle qui habite la symbolique du Mythe.

Le matériel mythologique en soi n'est ni rationnel, ni irrationnel, mais il assume un statut autonome à mi-chemin entre raison et imagination.

Le véritable mythe de l'origine est celui qui parle de l'époque qui précède la réflexion, durant laquelle rationnel et sensible sont la même chose et durant laquelle l'imagination accomplit pleinement et librement son devoir de sensibilisation et de traduction des signes, étant dépourvue du contrôle de l'intellect et de la conceptualisation qui appartient à l'époque qui suit durant laquelle le mythe se transforme en raison et en religion.

Pour les Anciens, le sacré et le profane n'étaient pas deux entités différentes, mais un tout unitaire; pour eux, une vie désacralisée, qui séparait la dimension sacrée de la vie quotidienne, c'était une vie "affaiblie" qui avait perdu le sens même de l'être .

Le Sacré envahissait chaque chose et le cosmos entier était considéré comme une hierophanie, c'est-à-dire une manifestation divine : il n'y avait donc pas de nécessité d'affecter des lieux particuliers pour la célébration des cultes, mais chaque lieu était imprégné de la présence de dieu et donc en chaque lieu le fidèle pouvait s'arrêter et dialoguer avec son dieu.

Les forêts sacrées, les arbres, les pierres, l'eau : tout était ce fluide magique et mystérieux qui démontrait la présence de la divinité.

 Les mythes, donc, étaient le symbole de ce lien entre les dieux et les êtres humains, entre les créateurs (les Elohim) et les créatures (l'Adam, l'humanité crée par la Terre et par le souffle divin) : dans le mythe, chaque chose est représentée comme une unité de phénomènes sensibles et suprasensibles, de matière et d'esprit.

Dans le Mythe, le Cosmos comme entité ordonnée, est une unité vivante à laquelle participe de manière équivalente aussi bien les Dieux que les Hommes et les Femmes, et le récit/souvenir d'un Aurea Aetas (âge d'or) introduit l'âme dans la dynamique du sacré car l'Univers apparaît comme une création divine et l'ordre et l'harmonie qui en découle sont générées par un lien avec le monde des Dieux, un lien qui, s'il est affaibli, peut engendrer des crises et des catastrophes ; c'est une façon comme une autre pour dire que l'Homme ne peux pas vivre sans un lien étroit avec Dieu, sans tourner continuellement les yeux au ciel dans un espoir de dialogue muet avec son propre Père/Mère.

Pareillement, les Dieux sans les Hommes cesseraient d'exister, puisque c'est l'adoration humaine qui rend tangible leur potentiel et réel leur existence dans la dimension qu'ils ne peuvent qu'observer du haut de leur demeure.

Le mythe, ainsi avec son langage symbolique qui ressemble tant à celui des rêves et qui comme celui-ci se nourrit d'archétype, devient souvenir du passé plus ou moins lointain et mise en garde pour le futur.

Ce qui le caractérise et le réuni au rêve c'est sa façon de renvoyer a quelque chose en permettant de reconstruire timidement un parcours dont la compréhension se cache dans un coin de la conscience et d'un souvenir qui n'est pas conscient parce qu'il fait partie de la mémoire perdue de l'humanité.

Le "symbole" (en grec, sumbolos) dans l'antiquité était une monnaie ou un autre objet qui était cassé en deux et offert à l'invité par le chef de maison en signe d'hospitalité et comme souvenir pour les descendants qui auraient comparé les deux moitiés constatant ainsi une ancienne amitié ou un lien entre ceux qui avaient partagé la nourriture, un signe qui évoquait l'entièreté.

C'est ainsi aussi qu'est le symbole : différent de la marque (aliquid pro aliquo) il rappelle à la moitié correspondante et renvoie à une solution qui est donnée par la recomposition de l'unité qui cependant est inconnu ; son caractère symbolique, toutefois, dépend de la façon avec laquelle on se place face à la chose elle-même.

Notre monde est rempli de symboles que nous rencontrons tous les jours sans les identifier consciemment, comme une sorte de message subliminal, qui reste sous la limite de notre conscience et de notre souvenir rationnel ; ce même message qui occupe la dimension du rêve et qui se nourrit des symboles personnels et de ceux d'une communauté pour mettre en communication l'inconscient avec notre "moi" rationnel.

A travers ce langage symbolique codifié dans les archétypes, l'homme a caché, à ceux qui ne possédaient pas une âme suffisamment pure pour accéder à la compréhension, ses grandes connaissances, les mystères qui ont été capables de grandir les anciennes civilisations et dont la perte ou l'abus à amener à la dissolution de ces dernières.

Le plus grand secret gardé est peut-être celui de la Présence de Dieu et du Dialogue avec Lui/Elle, le pouvoir d'être fait non seulement à son image mais d'être semblable en ayant le pouvoir et les capacités de manipuler les éléments selon son propre désir.

Toutefois, celui parvient à franchir l'Abysse et à outrepasser les Brumes en réussissant à soulever le Voile d'Isis, meurt en ce monde parce qu'il se trouve face à face avec le Créateur.

Mais au fond quel est le secret du Mythe ? Quelle est sa signification ? Peut-être celle de rappeler à chacun d'entre nous qu'il fut un temps où les Dieux, les Hommes et les Femmes habitaient l'univers en Paix et Union et que, semblable au but ultime de toutes les religions, le destin de l'Homme est ce Salut qui signifie Retourner marcher sur cette Terre d'Été.

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