Noël - Mais d'où vient-il exactement ?

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Quand on parle de Noël, on pense habituellement faire référence à deux choses : la première est le fait, à caractère historico-religieux, que ce jour, dans la tradition chrétienne, correspond à la naissance de Jésus-Christ. La deuxième fête qui se développe de manière parasite à cette première solennité, cette fête, comme vous le savez bien chers lecteurs, faite de jour de fatigue et de vacances, de gueuletons féroces, de paresse et de détachemets temporaire de la routine quotidienne, de fatigue physique, d'échange de cadeaux fruit d'un shopping sauvage ; qui a elle aussi une tradition, bien à elle, et qui se veut un moment de rassemblement pour les familles éloignées, un moment de réflexion et de bons sentiments...

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Bien sûr peu d'entre vous seraient prêt à parier qu'entre la première et la seconde fête dont j'ai parlé, la distance est très mince : les deux traditions se croisent, s'éloignent et puis se rapprochent depuis des milliers d'années ; elles se cachent, puis reviennent, avec les vérités et les demi-mensonges, faites de mystères (volontairement occultés), de mystifications historique, et un peu de saine naïveté qui accompagne toujours la construction d'un mythe...

Vous vous demandez sûrement de quoi je parle ? Aurais-je piqué un peu votre curiosité ? Pensez-vous que je suis folle ? Peut-être que vous aussi au Noël dernier vous avez reçu des cadeaux, peut-être un beau dictionnaire, dans lequel chercher le mot Noël... Eh bien, un petit garçon romain, le 25 décembre de l'an zéro, n'aurait pas pu recevoir un dictionnaire, car cela n'existait pas... mais les désirs qu'un enfant d'il y a plus de 2000 auraient pu avoir, auraient été exaucé de la même manière ... comme pour tous les enfants de parents disciple de la religion païenne du mithraïsme, au temps du dieu Soleil, durant le solstice d'hiver.

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La véritable histoire est tout autre ... même les Evangiles déclarent que Jésus n'est pas né le 25 décembre ; et ni les Apôtres, ni aucun membre de l'Eglise apostolique n'a jamais célébré la fête de Noël.

Mais essayons de jeter un coup d'oeil dans votre dictionnaire ...

  •  Dictionnaire de l'Encyclopédie catholique, édition de 1941, dit : Noël : "Durant les premiers temps de l'Eglise, une telle fête n'existait pas".
  •  Nouvelle Encyclopédie Catholique, dit : Noël et son cycle : "Aussi inexplicable que cela puisse paraître, la date de la naissance du Christ n'est pas connue. Les Evangiles n'en indique ni le jour, ni le mois". Nous pensons qu'il est possible d'établir le mois si l'on parvenait, à travers l'histoire, à établir quand fut réalisé le premier recensement sous Quirinus, alors qu'il gouvernait la Syrie, et combien de temps ce dernier dura (Luc 2:2).

 

Mais quand bien même on puisse établir le jour, le mois et l'année, quelle importance cela peut-il avoir à partir du moment où on sait qu'il a réellement existé ?

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La question importante, en revanche, est pourquoi le 25 décembre ? La réponse à cette question révèle un scénario scabreux ! Et elle nous est également fournie par la Nouvelle Encyclopédie Catholique : "A la naissance du Christ on assigna la date du solstice d'hiver parce qu'en ce jour, le soleil commence son retour dans les cieux boréaux, les païens qui adoraient Mithra célébraient le dies natalis Solis Invicti (jour de la naissance du Soleil Invicible)".

  • L'Encyclopédie Américaine, édition de 1944, affirme : "Noël ... selon de nombreuses sources fiables, n'était pas célébré durant les premiers siècles de l'Eglise chrétienne, car l'usage chrétien en général était de célébrer la mort des personnes importantes, non pas le jour de leur naissance ... Une fête dut établie en mémoire de cet évènement [la naissance du Christ] au quatrième siècle ... Puisque le jour exact de la naissance du Christ n'était pas connu, l'Eglise occidentale au cinquième siècle ordonna que la fête soit célébrée pour toujours le même jour, le jour de l'ancienne fête romaine en honneur de la naissance du dieu Soleil".

 

  • La New Schaff-Herzog Enciclopedia of Religious Knowledge, s'exprime ainsi à propos de Noël : "Les fêtes païennes des saturnalies et de la brumalie était trop enracinée dans les coutumes populaires pour être abolies par l'influence du Christianisme ... La fête païenne, avec ses bombances et ripailles, etait si populaire que les Chrétiens furent bien content d'avoir trouvé une excuse pour en perpétuer la célébration avec peu de changement, tant dans l'esprit que dans les usages... les Chrétiens de Mésopotamie accusèrent leurs frères occidentaux d'idolâtrie, et d'adorer le Soleil, pour avoir adopté cette fête païenne".

 

  • Mais que dit la Bible à ce propos ? Elle est d'accord avec les Chrétiens de Mésopotamie : elle définit comme paganisme le fait d'avoir adopté un fête idolâtre. Du reste Dieu, qui prévoit les choses avant qu'elles n'arrivent (Isa 46:10) ne pouvait pas ne pas nous avertir de ce grave péché ; en effet l'écriture nous dit : "Garde-toi bien de tomber dans le piège, en suivant leur exemple, ... et informe-toi de leur dieux, en disant : 'Comment ces nations servent-elles leurs dieux ? Je veux en faire autant'. Tu n'agiras pas ainsi en regard de l'Eternel, ton Dieu... Vous aurez soin de mettre en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n'ajouterez rien, et nous n'oterez rien" (Deu 12:30-32). Malgré la bonne foi d'un grand nombre, reste la prérogative d'une fête, non commandée par Dieu, dérivée du paganisme et condamnée par les Saintes Ecritures, et donc péché de désobéissance à l'ordre de Dieu.

 

  • L'Encyclopédie Italienne Treccani, édition de 1949, Sansoni, vol. XXIV, pg 299, nous dit : "Les Pères des premiers siècles ne semblent pas avoir connu une fête de la nativité de Jésus-Christ ... la fête du 25 décembre aurait été instituée pour contrer une célébration chrétienne à la célébration mithraïque du dies natalis Solis Invicti (jour de la naissance du Soleil Invincible), durant le solstice d'hiver".

 

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Donc la véritable raison du pourquoi le 25 décembre, n'est pas parce que c'est la date la plus probable pour la période de la naissance du Christ, il faut recherche une motivation beaucoup plus opportuniste. A cette époque des millions de païens se convertirent au Christianisme ; l'usage de l'échange de dons, les bombances et les divertissements intégrés dans les rites de l'adoration du Soleil étaient enracinés en eux ; ils refusèrent de renoncer à tout cela. C'est ainsi qu'ils décidèrent de "coller" au Christ une étiquette païenne ; la même "étiquette" mise au Jubilé biblique, présumé jubilé chrétien de la fin de l'an 2000 [le Jubilé biblique est proclamé tout les 50 ans, le 10ème jour du 7ème mois : au XX siècle 5 Jubilés ont été proclamés, donc autant qu'on aurait du en proclamer en 250 ans], mais le Jubilé n'est pas le sujet de cet article ; il suffit de remarquer, au fond, que cette tradition (païenne !) est arrivée jusqu'à nos jours : les cadeaux n'ont pas perdu leur éclat, les amusements et la bombance non plus.

De plus, Jésus-Christ n'a pas demande qu'on se rappelle du jour de sa naissance. La véritable signification du christ est contenue dans les fêtes de Pâques : avec sa mort il a gagné pour les hommes la remise de leurs péchés ; il a ouvert la voie du salut éternel. C'est cet évènement que les chrétiens devraient célébrer (mais je vais éviter les thèses qui étayent cette croyance, car encore une fois ce n'est pas le sujet de cet article).

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Reportons en revanche notre attention sur ce jour d'il y a 2011 ans (mais y a-t'il réellement 2011 ans ?!?) ... En comparant des textes des apôtres, relions des vicissitudes de Jésus-Christ aux faits historiques attestés...

Des quatre célèbres évangélistes, seul deux d'entre eux commencent leur oeuvre en parlant de la naissance de Jésus, ce sont Matthieu et Luc. Les autres commencent la narration de la vie de Jésus à partir de l'épisode du baptême dans le Jourdain, quand ce dernier était déjà adulte. Si nous lisons attentivement les deux nativités de Matthieu et de Luc, nous découvrons une masse surprenante d'incohérences, telle à faire naître de sérieux doute sur leur crédibilité historique.

Listons ici les constrastes :

Matthieu, avant la naissance de Jésus, dit que Joseph et Marie habitent Bethléem, alors que Luc les situent à Nazareth.

Matthieu fait naître Jésus dans sa maison à Bethléem, alors que Luc, bien qu'il confirme la ville de Bethléem, situe l'accouchement de Marie dans un refuge occasionnel : une étable.

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Matthieu fait venir les Mages de l'orient pour adorer Jésus, alors que Luc ne parle pas de Mages, mais il décrit l'adoration des bergers.

Matthieu parle de la persécution de l'enfant de la part d'Hérode, ui aurait contraint la famille à fuir pour se réfugier en Egypte, alors que Luc ne mentionne rien de tout cela : son climat est serein et l'enfant est présenté au temple sans crainte qu'Hérode ne puisse le trouvé, il ne parle pas non plus d'une quelconque fuite en Egypte.

Matthieu fait naître Jésus au temps du roi Hérode le Grande, c'est-à-dire en l'an 4 avant Jésus-Christ, alors que Luc fait naître Jésus durant le recensement de la Palestine que le gouverneur de Syrie Quirinius supervisa en 7 après Jésus-Christ : soit 11 ans plus tard !

Matthieu parle pour la première fois de Nazareth lors du retour de la famille de Bethléem de leur exil en Egypte, alors que Luc, quelques jours après la naissance du Christ, fait retourner la famille au pays de Nazareth, où elle habitait déjà avant la naissance de Jésus.

Matthieu et Luc proposent deux arbres généalogiques complètement différent, déjà à partir du père de Joseph (le grand-père de Jésus) les généalogies divergent complètement jusqu'au roi David (qui vécut 1000 ans auparavant).

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Bien sûr tout ceci montre très clairement que les deux auteurs n'avaient pas l'intention de faire une véritable chronique historique, mais ils s'appliquaient à construire un support mythologique qui répondait à des exigences catéchétiques bien déterminées.

L'époque de la naissance selon les évangélistes Matthieu et Luc.

 

Au sixième siècle après Jésus-Christ, un moine natif de Dobroudja, Denys le petit, fut chargé par le Pape Jean I de mettre de l'ordre dans les chronologies historiques afin que les dates ne soient pas en références à des évènements païens, mais bien à ce qui était pour les chrétiens l'évènement le plus important : la naissance de Jésus. Denys fit ses comptes et décida que Jésus était né en l'an 753 de Rome.

La chose créa quelques problèmes car, selon l'historien juif Joseph Flavius, Hérode le Grand serait mort en mars de l'an 750 de Rome et l'évangéliste matthieu situe la naissance de Jésus au temps du roi Hérode. Bref, Jésus-Christ serait né ni plus ni moins que 4 ans avant Jésus-Christ.

Rien de grave, Denys ne savait pas calculé et l'Eglise, à l'heure actuelle, admet que Jésus soit né aux alentours de 7 a.C. En effet les chercheurs modernes seraient d'accord dans l'interprétation du célèbre signe de l'étoile, qui aurait guidé les mages jusqu'au berceau de Jésus, comme la conjonction astronomique des planètes Jupiter et Saturne dans la constellation des Poissons, une combinaison capable de créer des effets d'une splendeur particulières dans le ciel et riche de significations astrologiques, s'est semble-t'il vérifiée, justement, en 7 a.C. En revanche, aucune trace de comète durant la période en question, ni d'autre événements astronomiques significatifs ; alors que, pour confirmer l'idée que la célèbre étoile des mages soit réellement la conjonction sus-citée, il y a les prophéties iraniennes et chaldéennes sur l'arrivée du Sauveur, tradition que les juifs pourraient avoir assimilé durant leur contact avec la culture babylonienne, au temps de l'exil forcé, et qu'ils auraient adapté à leurs propres attentes messianiques.

A propos de l'époque du roi Hérode, quelqu'un pourrait objecter que les fils d'Hérode le Grand, Archelaüs et Antipas, portaient le titre d'Hérode ; Matthieu ne parlait-il pas par hasard d'un de ces deux là ? Le doute est impossible, en effet, Matthieu lui-même, en parlant du retour d'Egypte de la famille, dit : "Il (Joseph), en se levant, pris avec lui l'enfant et sa mère, et il entra en terre d'Israël. Sachant cependant qu'Archelaüs était roi de Judée à la place de son père Hérode, il eut peur d'y aller". Evidemment le cruel persécuteur était forcément Hérode le Grand.

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Luc, bien plus compliqué, avait relié le récit de la naissance de Jésus avec celui de la naissance de Jean, en faisant comprendre clairement que le Christ avait vu la lumière six mois après le Baptiste.

Pour tous les deux, il y a une annonce faite aux mères respectives par l'ange du Seigneur ; tant Elisabeth que Marie ont manifesté vis à vis du messager un profond étonnement dans le fait de connaître leur grossesse, la première car elle était stérile et la seconde car elle était vierge.

Dans l'Evangile de Luc nous lisons que l'ange Gabriel se serait présenter à Elisabeth "au temps d'Hérode, roi de Judée". Ce que l'on interprète normalement dans le sens du temps d'Hérode le Grand ; notamment parce que sinon l'information serait en contraste avec celle fournie par Matthieu.

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Il faut préciser certaines choses concernant le cruel monarque, sinistre emblème de l'infanticide ; en effet, si l'on veut être exact, il n'aurait jamais été roi de Judée. Sa carrière au pouvoir a commencé quand son père, Antipater, était administrateur de Judée, au temps ou Jules César remportait ses grands succès, en 49 a.C. En 43 Antipater fut assassiné et Hérode, peu de temps après, fut élu par les romains tétrarque, ou roi de Galilée. Des luttes féroces furent nécessaire avec les membres de la dynastie hasmonéenne, pour que, après diverses chances et malchances, Hérode parviennent à se faire élire, finalement, en 37, roi de toute les province de Palestine : Judée, Samarie, Galilée, etc. L'expression roi de Judée est réductive, à moi que les romains n'appelèrent de manière expéditive Judée toute la Palestine, ce qui reste une possibilité.

Archelaüs fut un véritable roi de Judée, fils d'Hérode le Grand, qui, à la mort de son pèrre, eut une charge limitée à la province de Judée : les romains avaient à nouveau divisé la Palestines en tetrarchies. Archelaüs, aussi, tout comme ses frères, était appelé Hérode. Par exemple l'Hérode qui, selon Luc, vu le Christ prisonnier, peu avant la crucifixtion, était, Antipas, roi de Galilée. Un autre exemple nous est offert par certaines monnaies qui furent frappée sous le règne d'Archelaüs justement, roi de la Judée, ou figure l'inscription Erodou Ethnarchou.

Bref, l'Hérode, roi de Judée, dont parle Luc, pourrait très bien être Archelaüs, dont le pouvoir sur la Judée dura au total une dizaine d'années, de la mort de son père jusqu'en 6 p.C., quand il fut destitué et exilé et que l'administration de Judée passa directement sous praefectus romanus, que nous désignons avec le terme incorrect de mandataire. En fin de compte, quand Matthieu définit le moment de la naissance de Jésus, il n'écrivit pas "au temps d'Hérode, roi de Judée", mais, plus synthétiquement, "au temps du roi Hérode".

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Quelqu'un pourrait observer que toutes ces considérations pouvait être évitée, à partir du moment ou on a déjà admis un fait : l'expression roi de Judée, à Rome, pouvait vouloir dire, par extension, roi de la Palestine. et alors toutes les questions auraient été résolues : Matthieu a fait naître Jésus sous Hérode le Grand; Luc a fait annoncer la naissance de Jean Baptiste sous Hérode le Grand et, environ 15 mois plus tard (neuf pour la grossesse d'Elisabeth plus 6 autres de différence avec le début de la grossesse de Marie), et il a fait naître Jésus quand, propablement, Hérode le Grand était encore en vie.

Mais (et voilà le grand "mais"), le doute du fait qu'il s'agit d'Hérode père ou d'Hérode fils c'est Luc lui-même qui nous le pose, en nous donnant une autre indication chronologique relative à la naissance de Jésus : une indication explicite, claire, qui a des références historiques précises : "En ces jours (et par là Luc entend les jours qui suivirent la naissance de Jean Baptiste) un décret de Césare Auguste ordonna qu'on fasse le recensement de toute la terre. Ce premier recensement faut fait quand le gouverneur de Syrie était Quirinius. Tous allaient se faire enregistrer, chacun dans sa ville. Même Joseph, qui était de la maison et de la famille de David, dans la ville de Nazareth et de la Galilée monta en Judée dans la ville de David, nommée Bethléem, pour se faire enregistrer avec Marie son épouse, qui était enceinte. Maintenant, alors qu'ils se trouvaient en ce lieu, s'accomplirent pour elle les jours d'accouchement".

Le fait surprenant est que, si les indications sont exactes et que Luc savait de quoi il parlait, nous devons admettre qu'il a voulu situé la naissance de Jésus une dizaine d'année après la mort d'Hérode le Grand, cet-à-dire en 7 p.C. ! Voilà donc le doute sur l'Hérode père ou l'Hérode fils n'est plus posé comme esprit de polémique de la part de ceux qui veulent mettre tout en discussion ; au contraire, vouloir surseoir la question serait faire preuve de l'esprit de la loi du silence.

Les sources historiques, parmi lesquelles Joseph Flavius, témoignent de l'existence d'un recensement que les romains avaient décidé d'effectuer en Palestine, en 7 p.C., dont le soin fut confié à l'homme qui à l'époque était le supérieur direct du praefectus romanus et des tétrarques hérodiens : le gouverneur de la Syrie, Publius Sulpicius Quirinius. Puisque la Judée avait été transformée d'un règne à une véritable province impériale, les romains avait bien l'intention de encaisser les taxes et ils décidèrent de recenser la population à des fins fiscales. Cela déclencha une esclandre : ce fut l'étincelle qui alluma la célèbre révolte du recensement durant laquelle mourut même Judas le Galiléen.

Tentons alors de résumer schématiquement quelle serait la chronologie de Luc pour la naissance de Jésus :

  1. Sous le règne d'Hérode Archelaüs, roi de Judée, l'ange annonce à elisabeth la naissance de Jean ;
  2. En 6 p.C., alors que Jean va naître ou est à peine né, Archelaüs est déchu et remplacé par un mandataire romain (Coponius);
  3. Quelques mois plus tard, en 7 p.C., l'état juridique de la Judée devient celui d'une province impériale, le recensement fiscal de la population est confié à la supervision de Publius Sulpicius Quirinius ;
  4. A l'occasion du recensement Joseph et Marie se déplace de nazareth à Bethléem car les citoyens doivent être recensé dans le lieu d'origine de leur maison (selon un usage qui n'est pas historiquement attesté) et c'est la que naît Jésus.

 

A présent l'idée que l'annonciation ait été faire aux temps d'Hérode le Grand devient réellement peu crédible, alors que le contraste avec la nativité de Matthieu devient lui vraiment sérieux.

Les différences d'époques.

 

Le fait qu'Hérode le grand soit mort en 4 a.C., alors que le recensement dont nous avons parlé ait eu lieu en 7 p.C., a toujours mis dans le plus grand embarras les interprète du Nouveau Testament.

Comment est-il possible que les deux évangélistes aient situé la naissance du messie à deux moment non seulement si éloignés dans le temps, mais aussi dans deux situations historiques dans lesquelles le cadre politique, social et administratif est totalement différent ? Devons nous penser qu'un des deux rédacteur, outre le fait qu'il n'ait pas eu la moindre idée sur le lieu de résidence de la famille, n'en avait pas plus sur le moment de la naissance ?

Les attitudes face à ce problème ont été multiples : certains ont candidement ignoré le problème ; d'autres résolvent toutes les contradictions en admettant qu'il devait sûrement y avoir eu un recensement qui précède celui de 7 p.C., un recensement effectué sous le règne d'Hérode le Grand, donnant ainsi plus de poids à l'écrit évangélique comme source historique plutôt qu'aux documents historiques proprement dit, lesquels, en matière de recensements, n'en mentionnent aucun présidé par Quirinius durant la période du règne d'Hérode le Grand ; d'autres encore soutiennent que chacun des évangélistes a inventé sa nativité, sur la base de conditions catéchétiques et doctrinaires nécéssaires pour ce qu'il désirait respecter ; il y en a même qui soutiennent qu'il s'agit de la nativité de deux personnes différentes.

Eusèbe de Césarée, le premier "historien" officiel de l'église, qui vécu au temps de Constantin, face à la stridente discordance entre les nativité, émit l'hypothèse de l'existence d'un recensement effectué au temps d'Hérode le Grand. Naturellement il ne fournit aucune preuve qu'un tel recensement ait réellement été exécuté, simplement il devait en être ainsi, parce que ... l'Evangile ne pouvait pas se trompé.

Ce n'est autre que Luc (s'il est vrai que Luc est l'auteur des Actes des Apôtres) qui fournit une autre indication pour identifier que le recensement de la nativité est bien celui de 7 p.C. : "... Judas le Galiléen se souleva, au temps du recensement, et il induit de nombreuses personnes à le suivre, mais lui aussi péri et ceux qu'il avait persuadé furent dispersés...". Ainsi, le soulèvement dont on parle dans la citation est justement celui où Judas et des milliers de ses disciples perdirent la vie, soulèvement qui a eu lieu en 7 p.C. en conséquence du recensement présidé par Quirinius.

Pour certain scientifique l'expression "ce premier recensement fut effectué quand Quirinius était gouverneur de Syrie" doit être lue "Ce recensement fut effectué avant que Quirinius ne soit gouverneur de Syrie", voulant ainsi signifié que le recensement qui amena Joseph et Marie à Bethléem n'était pas le célèbre recensement de la révolte, mais un recensement précédent, effectué quand Hérode le Grand était encore en vie.

Il s'agit en réalite, d'une traduction forcée, comme on en trouve tant d'autres dans les versions modernes de l'Evangile. en effet, dans la phrase "aute i apografe prote egeneto egemoneiontos tes Surias Kireniou" le vocable prote n'est pas une forme adverbiale (avant que...), mais une forme adjectivale (le premier...), qui concorde parfaitement avec apografe (recensement).

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D'autres scientifiques, au contraire, font de Quirinius le gouverneur de Syrie par deux fois : une première fois au temps d'Hérode le Grand, et une seconde fois au temps de la célèbre révolte. Mais les témoignages historiues sont plutôt explicites : Quirinius fut gouverneur de la Syrie en 6 p.C., et tout de suite après il fut superviseur du recensement, avant cela il n'était qu'un simple consul.

Bref, les nativités de Luc et de Matthieu sont irrémédiablement situées à deux moments historiques complètement différents, ça c'est la vérité.

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Les deux généalogies

 

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