Santorin, l'île des merveilles et du mystère

Dans la mer Egée, à environ 80 km de l'île de Crète, en direction du nord, se trouve une petite île, faisant partie de l'archipel des Cyclades, en forme de demi-lune, et dans les environs se trouvent deux autres îlots, Theresia et Aspronisi, qui ne sont séparés que par une lagune.

Le nom de cette île est Thira, connue aussi comme Santorin, mais, dans l'antiquité elle était connue sous le nom de Kalliste ("la Splendide").

Fut un temps, il y a des millénaires, cette île fut le siège d'une culture hautement avancée pour les canons standard de l'époque, oserions-nous dire "d'avant-garde".

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Si nous pouvions revenir en arrière dans le temps, peut-être, qu'en la confrontant à ce qu'il en reste aujourd'hui, nous aurions du mal à la reconnaître.

Et ce car, il y a des millénaires (pour être précis il y a presque 3600 ans), l'île n'avait ni cette forme, ni ces dimensions.

C'était une île de forme circulaire, dont le centre était occupé par une montagne, et, si on tient pour vraies certaines preuves constituées par des scènes picturales retrouvées sur les lieux, elle devait avoir des fleuves et des vallées vertes de papyrus et de palmier.

Aujourd'hui, pour celui qui débarque sur cette île, il peut voir un panneau avec une notice, en anglais, qui la consacre comme "la plus belle île du monde" et, bien qu'il soit émerveillé par sa beauté sauvage, il ne peut en aucun cas s'agir d'une contrainte, vu que le paysage est typiquement volcanique, aride et dépouillé. On ne voit ni oliviers, ni cyprès et rares sont en général les arbres et les buissons, alors que les vignes et les tomates poussent dans les quelques champs cultivables soustraits à la pierre ponce de lave, disposés en terrasses, avec des murs de soutien qui rejoignent parfois les 6 mètres, rendant difficile la marche des personnes elles-mêmes.

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L'activité la plus rentable est, aujourd'hui encore, en dehors du tourisme, l'extraction, des caves, de ce que l'on nomme communément "pouzzolane", composée de silice et de calcium et utilisée pour la préparation du ciment.

Ce n'était certainement pas ainsi il y a 3600 ans, vu que même les pharaons égyptiens la célébraient comme un lieu paradisiaque.

Ce qu'il en reste aujourd'hui est un squelette, disloqué par une des plus terribles explosions volcaniques que l'on n'aie jamais enregistré sur la terre, et c'est, depuis lors, que privée de son noyau central, englouti par des centaines de mètres de mer, elle est devenue, ce que l'on appelle géologiquement parlant une caldeira.

Où fut un temps se trouvait le noyau central de l'île apparaissent aujourd'hui deux îlots noirs qui ont émergé successivement et qui se nomme Nea Kameni ("terre récemment brûlée", la plus grande, sortie en diverses phases, entre 1707 et 1711, une première fois, et qui s'est agrandi par la suite durant les éruptions volcaniques de 1866 et 1926) et Palia Kameni (la plus petite, sortie durant une éruption en 196 a.C.).

L'île tout entière n'est autre qu'un volcan, encore en activité, qui à plus d'une reprise, par les temps passés, a été une source de peur et de destruction pour ceux qui habitaient l'île.

Ce n'est sans doute rien en comparaison à ce qu'il a du se passer il y a 3600 ans, alors que le noyau central explosa dans un grondement épouvantable, projetant la partie centrale de l'île dans l'air et engloutissant le reste sous la terrible masse d'eau qui a dû se reverser dans le bassin qui s'était créé. Où fut un temps il y avait de la terre, aujourd'hui se trouve des roches dénudées qui témoignent de l'engloutissement soudain, comme si la partie centrale de l'île avait été frappée avec un marteau gigantesque.

Archéologiquement parlant l'île est intéressante parce que, depuis 1967, année durant laquelle commença une véritable campagne de fouilles, fut remise en lumière, arrachée à des strates de poussières volcaniques et de pierres ponces, parfois d'une épaisseur de 30 m, qui s'est déposée au cours des siècles, une véritable cité de l'époque minoenne, avec énormément de céramique, fresques, ustensiles, objets d'ameublements parfaitement conservés.

Il est bien singulier de constater que l'éruption qui provoqua la destruction d'une grande partie de l'île et l'anéantissement de la civilisation florissante qui y prospérait, fut la même, qui permit, en recouvrant de ses cendres éruptives, et de ses détritus de lave, que l'histoire de ce lieu puisse parvenir jusqu'à nous, des milliers d'années après, avec ses édifices, ses artefacts, ses fresques, en la protégeant, dans son étreinte suffocante, des intempéries, des vandales et autres disgrâces.

La conservation des découvertes, l'extraordinaire quantité et la qualité de ces derniers, l'extension même du noyau d'habitats et les palais remis à jour ont bien vite donné à Thera (le nom donné à cette ville ensevelie), injustement, l'appellatif de Pompeï de l'Egée.

Pourquoi cet appellatif paraît-il injuste ? Justement à cause des conditions citées ci-dessus (conservation, quantité et qualité) et pour d'autres aspects que nous aprofondirons sans doute par la suite, il serait sans doute plus juste de dire que Pompeï est la "Thera italienne" et non vice-versa.

L'homme qui redonna vie à cette ville, qui la remit en lumière après des siècles d'oubli, ce fut l'archéologue grec Spyridon Marinatos, qui lui consacra toute sa vie, au point de mourir sur place, pour l'arracher de l'étreinte des preuves de l'horrible catastrophe survenue il y a des millénaires.

Sans doute, depuis le début, Marinatos dut comprendre que, par l'énorme masse de travail à accomplir (édifice à désensevelir et à préserver, artefacts à nettoyer, assembler, cataloguer et bien d'autres choses), il ne serait pas celui qui dévoilerait complètement ce site extraordinaire.

Mais, tout aussi certainement, il a du rapidement se rendre compte qu'il était face à une découverte extraordinaire, face à une entreprise fascinant qui l'aurait fait passer à la postérité à la manière, et peut-être même plus, qu'Howard Carter, Bingham ou Schielmann, mais qui en même temps lui aurait créé de nombreux problèmes "diplomatiques" avec ses collègues.

C'est ainsi que cela s'est passé, et Santorin, avec la mort de son père putatif, est comme morte une nouvelle fois, comme si presque 40 ans de fouilles n'avaient servi à rien, restant exclue, volontairement par les autres, des itinéraires archéologiques normaux et des canons didactiques, reléguée bien plus simplement à la simple formulation qui l'étiquette comme "siège de fouilles archéologiques relatives à la période minoenne tardives".

Mais est-ce réellement cela ?

Et pourquoi nommerais-je Santorin sur un site qui traite principalement du mystère archéologique et de fait méconnus ?

Sans doute parce qu'aujourd'hui Santorin n'est peut-être plus "la plus belle île du monde", mais elle est, certainement, le siège de certaines des plus fascinantes énigmes de l'histoire.

Des énigmes qui se cachent derrière l'appartenance effective de la civilisation qui fleurit sur cette île à un canon historiquement prédéterminé ; des énigmes qui, pour certains auteurs, académique ou non, voient cette île comme le siège de la mythique Atlantide racontée par Platon ; des énigmes qui voient cette île et le découvreur de son ancienne cité liés dans une étreinte mortelle, une embrouille politique, de vengeance, ou de délit, qui semble nous ramener aux polars les plus classiques.

Dans cet article, je laisserai de côté ce qui concerne le lien Santorin-Atlantide, en vous renvoyant aux passionnés de l'histoire, et aux livres qui parlent de cette thèse, car il me faudrait vous écrire un livre à mon tour pour disserter sur cette théorie.

Je mettrais également de côté la discussion sur Spyridon Marinatos et sur son mystère dans le mystère, pour approfondir ce sujet, je vous parlerai sans doute plus tard de l'oeuvre d'un éditorialiste de l'Express Italien, Mario La Ferla, "l'Uomo di Atlantide", une enquête socio-politique approfondie sur ces années importantes qui virent la renaissance d'Akrothiri et la mort, mystérieuse, du même Marinatos.

Je me bornerais ici à mettre en lumière certains éléments particuliers qui distinguent Akrothire et la civilisation qui aurait dû y prospérer, et qui font d'elle, de fait, un des lieux les plus énigmatiques de notre planète.

De manière à faire en sorte que ce lieu ne retombe pas dans l'oubli comme c'est le cas pour beaucoup d'autres lieux et qu'il ne fasse pas partie de notre "ignorance collective" comme tant d'autres endroits dont nous connaissons l'existence mais desquelles, nous ne savons pas le "pourquoi" ou le "comment, quand ce n'est pas carrément le "quand".

Et ce parce que ce lieu indique que les définitions de "primitif", "préhistorique", et la définition même de "civilisation" sont souvent des termes utilisés de manière inappropriée et parfois même offensante.

Et ce pour vous dire aussi que ce ne sont pas les téléphones portables ou les ordinateurs ou les satellites dans l'espace qui indique le degré de civilisation, mais les idées qui flottent à différentes époques historiques et dans différents groupes de personnes.

Et ce parce que comme j'aime à le rappeler, si une explosion volcanique n'avait pas détruit Santorin et la civilisation qui y était établie, l'homme serait probablement arrivé un siècle avant sur la Lune.

Pour mieux comprendre ce dont je parle, je vous invite à regarder avant quelques images des fouilles de Thera, des fouilles que je présume dureront aux moins pour plus de 100 ans, et qui mettront à notre disposotion bon nombres d'autres surprises.

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Combien d'entre vous, sans l'avant-propos ci-dessus, auraient attribué ces images à la très célèbre Pompéï ?

Et pourtant Akrothiri aurait mille et une raison d'être citée dans les livres scolaires et dans les revues du secteur consacré à l'archéologie.

En janvier 1866, certains mois après le début du projet pour la construction du canal de Suez (Santorin était un excellent entrepôt de pierre ponce nécessaire à la cementification) le volcan de l'île donna de nouveau signe de vie.

Certains vulcanologue et archéologues français et grecs accoururent sur l'île pour étudier le phénomène et leur attention se porta sur certain blocs de pierre, constituant des murs, que les ouvriers de la carrière de pierre ponce avaient mis en lumière. Un vulcanologue, Fouquè, entra en possession, via un paysan, de certains artefacts anciens et après quelques entreprises de fouilles, il découvrit des cryptes, des instruments d'obsidienne, un squelette et des fragments de vases.

Stimulés par ces découvertes deux chercheurs français, Hanri Mamet et Henri Grocex commencèrent d'autres fouilles en 1870, découvrant, recouvertes par de la pierre ponce, des parois couvertes de plâtre, peintes avec des fresques aux couleurs vives et réalistes, avec des effets d'optiques extraordinaires.

Ni Fouquè, ni ses successeurs ne parvinrent à donner une position temporale juste ou une identification à ce peuple mystérieux, notamment parce que la découverte de la civilisation minoenne de par Evans ne devait survenir que 30 ans plus tard.

Mais le schéma historique de cette partie du monde avait déjà changé : les habitants de ces îles n'étaient plus de simples barbares par rapport aux grecs d'alors, qui étaient bien plus côtés, que du contraire, ils acquirent enfin de la valeur.

Celui qui donna l'impulsion aux recherches sur Thera fut l'archéologue grec Spyridon Marinatos qui, à plusieurs reprises, en partant de 1930, en étudia l'histoire, jusqu'à ce qu'en 1956, en devenant directeur du département des antiquités, il décida de se consacrer corps et âme pour retrouver des traces d'une ancienne civilisation sur l'île.

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Et, en 1967, quand pris corps la première véritable campagne de fouilles organisées, la chance lui sourit, montrant jour après jour une civilisation qui relevait véritablement de l'incroyable, en la comparant aux canons historiques standards non seulement de son époque mais également par rapport aux époques successives.

Marinatos eut la grande intelligence de comprendre que les fouilles qu'il avait entrepris devaient être protégées, au contraire de ce qui était arrivé à Pompéï, par les éléments naturels et les monstres bipèdes que sont les hommes.

Il recouvrit ainsi les fouilles avec de la tôle ondulée fine et de la fibre de verre pour permettre le passage des rayons du soleil. Pour soutenir cette couverture, il implanta un système de poutres d'acier autoportantes, système qui lui permettaient une facilité d'installation et d'extension de la zone à protéger.

Sous ce climat et avec cette ingéniosité Marinatos s'apprêtait à dévoiler au monde "son" petit, grand, trésor, même s'il se rendit tout de suite compte qu'entre lui et la fin des fouilles, il y aurait eu des générations d'archéologues et peut-être même plusieurs siècles. Mais cela en valait vraiment la peine, et pour établir tout ça il avait suffit de quelques coups de pioches.

Ce qui se cachait sous la cendre et la pierre ponce de Santorin étaient les restes d'une civilisation bien structurée et ingénieusement habile. Ses membres vivaient dans une sorte de paradis idyllique, et cela les aida à libérer de grandes sources d'énergie créative, talent artistique et un goût sophistiqué.

Durant l'âge du bronze, les habitants de l'île jouirent d'un standard de vie et de bien-être envié aujourd'hui encore par de nombreuses communautés modernes, où que nous n'avons pu atteindre que dans le cours de ces trois derniers siècles.

Dans cette île inondée par le soleil, les habitants de Thera se construisirent des maisons hautes et élégantes, avec des pièces bien proportionnées, et décorées de fantastiques exemples de la créativité picturale de l'époque.

La petite patrie était un point crucial pour les trafics maritimes de l'Egée, et, pour des générations, ils jouirent d'une prospérité sans égal, due aux nombreux échanges commerciaux qu'ils entretenaient avec les marchands qui y débarquaient et avec les terres que leurs navires rejoignaient.

Au fur et à mesure que les travaux avançaient on se rendait compte, qu'on était face à quelque chose d'extraordinaire. Il ne fallut pas longtemps pour affirmer que la ville avait été un lieu de pointe. Quiconque avait eu la chance de débarquer à Thera à cette époque heureuse, aurait été impressionné par la file d'édifices imposants qui se dressaient sur la côte.

De grandes maisons avec de solides fondations et des linteaux en bois se dressaient sur deux, trois ou parfois même 4 étages, utilisées par des familles seules ou par des rassemblements populaires. Par sa densité d'habitations et par son nombre d'édifices, Thera aurait pu rivaliser avec les plus grands ports de mer européens au temps du Moyen-âge.

Les maisons se dégageaient sur un labyrinthe de rues et ruelles, chacune d'entre elle munie de solides portes et escaliers, avec de grandes fenêtres qui donnait lumière et aération à des pièces de grandes dimensions. L'ameublement, en bois, était de facture exquise, comme on a pu le constater grâce aux calques de plâtres relevés par les formes imprimées dans la couche de cendres volcaniques, seule trace perceptible car le bois avait été détérioré depuis longtemps.

Dans les maisons se trouvaient des fresques qui représentaient les épisodes de vies marines, de longs voyages, des femmes aux longues robes drapées, avec un sein nu et des joyaux flamboyants. Les fresques qui représentaient les scènes de vie naturelle étaient caractérisées par la présence constante d'animaux qui à l'heure actuelle n'existe plus sur l'île, comme des antilopes, des singes, des hirondelles ou des plantes comme le papyrus et le lys. Quand la première maison fut retrouvée aussi richement décorée on pensa immédiatement qu'elle appartenait à un noble quelconque, mais on se rendit bien vite compte, que ce n'était pas une options mais bien une caractéristique de série dans les habitations de Thera.

Mais le peuple de cette île aussi le bon goût pour les belles choses et la propreté. Les maisons étaient en effet, dotées de bains avec des vasques en terre cuite et des toilettes de pierre qui fut un temps devait avoir un axe en bois.

Les toilettes se trouvaient toujours au deuxième étage des édifices, et elles étaient reliées, aux moyens de tubes d'argile encastrés dans les épaisse parois à un réseaux d'égouts sophistiqué qui passait sous les rues !

Il semblerait donc que les minoens aient anticipés cette invention d'au moins une trentaine de siècles !!

Pour vous donner une idée de ce que cela signifiait, pensez simplement que la Venise de Doges, la Paris du début du XVIIIe, et même le palais de Versailles au début étaient tous dépourvus de ces commodités.

Commodités que nous retrouvons dans des sites très anciens et tout aussi mystérieux comme Mohenjo-Daro, au Pakistan et qui frappèrent de stupeur les premiers conquistadores qui se retrouvèrent face aux merveilles de Tenochtitlan, au point que certains témoignages la décrivirent plus luxueuse que toute autre ville européenne d'alors, y compris Rome ou Constantinople.

Mais revenons à Santorin.

Il devait y avoir, à l'époque une source d'eau qui a ce qu'il semblerait remplissait les citernes de la ville et courait continuellement grâce à une ingénieuse implantation de drainage.

Dans celle qui est communément définie comme Maison Occidentale, probablement, on utilisait la pression de la vapeur d'une source volcanique quelconque afin de pouvoir utiliser une sorte d'autoclave qui poussait l'eau dans les citernes sur le toit des maisons.

L'enchevêtrement de tubes présent dans les maisons laisse à penser que la vapeur, alors qu'elle était acheminée dans les citernes de condensation adaptées, où elle se serait transformée en eau pour le bain, durant son parcours elle traversait les murs, réchauffant ainsi les pièces de la maison.

En effet il semblerait que quelque chose de semblable à des valves ait été retrouvé assez souvent, par prudence ou par volonté de cacher, on préfère donner une autre signification à certains objets.

C'est sûrement un hasard si Platon, en décrivant l'Atlantide, affirma que cette dernière se fournissait en eau au moyen de deux sources, une chaude et une froide ?

La pêche, ainsi que les formes d'agricultures et d'élevages, fournissait les aliments nécessaires à la population. De plus chaque maison avait une meule pour réduire en farine l'orge pour faire le pain.

Toutes les céramiques étaient un concentré de couleurs et de grâce, qu'elles aient été des bassines ou des coupes, des brocs ou des plats, ou encore de simples vases.

Le style des céramiques de Thera semble être le précurseur de celui qu'on retrouve sur l'île de Crète, en renforçant ainsi l'hypothèse que les habitants de cette île aient par la suite exportés leur style au-delà de leur territoire.

Le reste des besoins de cette civilisation était sûrement fourni par un important commerce avec le reste du monde alors connu, et donc l'habilité marine de ce peuple était considérablement supérieure à de nombreux autres peuples de l'époque. De plus de nombreuses fresques montrent des scènes de voyages maritimes.

Tout ceci nous permet de bien comprendre que Thera était bien plus qu'un faubourg de la Crète.

Au contraire de Pompéï, on n'a pas retrouvé de squelettes humains ou animaux à Thera, ou d'objet vraiment précieux. Cela nous laisse à supposer que la plus grande partie de la population parvint à fuir à temps. Peut-être que des secousses telluriques précédentes, ou l'ouverture de fracture dans la terre, d'où commencèrent à sortir des gaz et du feu qui sortaient également du cône du volcan, effrayèrent particulièrement la population de l'île qui décida de trouver un abri en d'autre lieux.

Quelqu'un tenta de reconstruire les maisons précédemment endommagées par les premières secousses telluriques, mais il abandonna l'entreprise par la suite, bien conscient du malheur qui allait s'abattre sur l'île. Nous sommes en mesure de déduire cela des tentatives de reconstructions présentes sur certaines parties.

Mais ce qui étonne le plus est que les habitants de l'île laissèrent leur maison avec la ferme espérance d'y revenir un jour. Des vases pleins de nourriture posés de façon ordonnée, des céramiques reposées dans les étagères avec diligence, les meubles arrangés et en ordres et, d'autre part, le manque complet d'objets de valeur, laisse à penser à un exode tranquille et discipliné, bien que rapide et efficace, plutôt qu'à une fuite submergée par la panique.

Mais la tragédie était juste tapie dans l'angle. La violente éruption cassa l'île en deux et de fortes vagues d'un raz de marée induit (tsunami) parcoururent tout l'Egée s'abattant avec violence sur la Crète et d'autres rives du bassin de la mer. La population fut étourdie par les fracas, secouée par les tremblements de terre, suffoquée par les gaz empoisonnés, alors qu'une cape noire comme la nuit, formée par des nuages de cendres, tombait sur ce monde idyllique.

La civilisation minoenne, privée de sa meilleure arme, la flotte navale, détruite par les vagues du raz-de marée, et terrorisée par cette épouvantable catastrophe fut très vite victime des invasions des autres peuples, dont les grecs, qui détruisirent rapidement une civilisation qui avait atteint un pic identique (sinon supérieur) à celui qu'avait atteint la société égyptienne.

Thera était alors une des merveille du monde, un des lieux les plus enchanteurs, mais en un rien de temps elle était devenue "une horreur fascinante par son côté détestable", comme la décrivit en 1885 le noble James Thomas Bent, durant un de ses séjours, observant ses plages noires et l'atmosphère de désolation.

Thera pourrait revivre, ou du moins nous restituer une partie de sa beauté si le site tout entier était reporté à la lumière, mais sans doute la réalité est, qu'aujourd'hui, bien peu de gens en ont entendu parler, de façon telle que là où la pierre ponce ne cache plus cette ancien théâtre de civilisation, se trouve aujourd'hui la cape de l'indifférence et de la désinformation historique et culturelle.

 

Pour ceux qui seraient interessés par le sujet Santorin/Atlantide je vous conseille ces deux ouvrages :

  • J.V. Luce, End of Atlantis41a38miitwl-sl500-aa300.jpg
  • Charles Pellegrino, L'Atlantide découverte41ke8946etl-ss500.jpg

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