La redécouverte de l'Atlantide

Platon et l'Atlantide. Science et archéologie à la recherche du mythique continent perdu. L'hypothèse de Thera et l'Atlantide océanique. Nikolaj Jirov et les preuves géologiques. Découvertes sous-marines.

L'Atlantide en Méditerranée

Officiellement la tendance des archéologues est celle de considérer l'Atlantide comme une invention littéraire. Toutefois, un écart à la règle est fait lorsqu'on prend en compte l'hypothèse que l'histoire du continent perdu ne soit rien d'autre que la description (déformée à des fins littéraires) de la disparition de la civilisation crétoise. Cette théorie très aimée par les académiciens, suppose que l'emplacement de l'ile soit au coeur de la Méditerranée. En 1967 l'archéologue grec Marinatos mis en lumière sur l'ile de Santorin, dans la Mer Egéenne, les restes d'installations humaines remontant à 2500 a.C. L'ile, fut un temps était appelée Thera, elle était habitée par une civilisation florissante qui avait évolué en totale autonomie et qui entretenait une commerce florissant lui aussi avec la civilisation minoenne et d'autres pays de l'Egée. Thera fut abandonnée soudainement aux alentours de 1520, quand la population allarmée par de violentes secousses sismiques, pensa qu'il était plus opportun s'embarquer avec ses biens et migrer en des lieux plus sûrs. Peu de temps après il y eut une éruption volcanique et enfin l'ile explosa avec un grondement impressionnant qu'on entendit à plus de 3 000 km de là. L'éruption 4 fois plus puissante que celle du Krakatoa en 1883 près de Java, enseveli complètement la ville abandonnée et couvrit de vaste zone de l'ile avec une couche de cendre d'environ 30 m. Quarante ans plus tard, le cône du volcan s'éffondra dans la mer soulevant de très haute vagues qui, selon certain, furent la cause de la destruction subite de la civilisation crétoise.

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Nombreux sont ceux qui croient à la thèse de l'Atlantide méditerranéenne. Le sismologue grec Galanopoulos, par exemple, soutient que les 9000 ans avant Solon mentionnés par Platon font coincider l'Atlantide avec Thera, si nous enlevons de ce numéro un zéro. Et en effet 900 ans avant Solon survint l'éruption de Thera.

Toutefois, pour avaliser cette hypothèse nous devrions ignorer intentionellement de nombreux autres détails de la description faite par Platon, dont le premier de tous est une référence à une ile océanique.

Au-delà des Colonnes d'Hercule

La possibilité qu'un continent ait existé au beau milieu de l'Océan Atlantique est-elle réellement si lointaine ? Une synthèse utile et bien documentée pour se dégager de la question est le livre de Roberto Pinotti, I Continenti Perduti, aux éditions Mondadori, 1995 (Les Continents Perdus) où les différents point de vue sont analysés dans le détail. sur l'existence de l'Atlantide océanique, en effet, les opinions sont divergentes, et il existe, à ce propos, deux écoles de pensées.

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D'un côté les chercheurs américains soutiennent que les océans de notre planète existerait depuis toujours aux mêmes endroits qu'aujourd'hui et presque avec les dimensions actuelles. Cette vision ne laisse naturellement pas d'espace à l'Atlantide, mais c'est une vision amplement contestée par d'autres milieux scientifiques. Les chercheurs russes en effet soutiennent que là où aujourd'hui se trouvent les océans, fut un temps, il pouvait y avoir d'ample bande de terre ferme qui se sont par la suite éffondrés. de ce point de vue, l'Atlantide semble plus plausible. Mais à quel endroit de l'Atlantique peut-on situer le continent perdu ? Pour le chercheur Nikolaj Jirov, le site le plus probable est l'actuel haut-plateaux sub-aquatique sur lequel se trouve les iles Açores. Ce lieu en effet semble correspondre à la description faite par Platon d'une ile caractérisée par une chaîne de Montagne et une vaste plaine irriguée. Le système ontagneux sub-aquatique Nord atlantique est composé de deux chaînes de montagne espacées justement par une plaine.

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En admettant donc que le lieu soit exact pourquoi donc l'Atlantide aurait été engloutie par les eaux ?

La réponse, selon Jirov, est la structure des fonds océaniques. Des relevés géologiques ont en effet démontré que les bases de la chaîne immergées Nord atlantique sont principalement composée de basalte. Tout terrain basaltique à proximité d'un océan a tendance à être instables et après avoir immergé des eaux, il peut s'éffondreer. Les continents plus anciens sont en revanche composés de granit, une roche beaucoup plus solide et moins instable. eh bien, l'Atlantide devait être un continent très jeune (géologiquement parlant) et il était donc condamné depuis le début.

Quand se serait passé le cataclysme ? Les recherches océanographiques des chercheurs russes pensent qu'il y a une relation très probable entre l'effondrement de la chaîne montagneuse (et donc de l'Atlantide) et la fin de la dernière période glaciaire en Europe et en Amérique du Nord (il y a 12 000 ans). A cette époque le climat changea en de nombreuses régions du globe, le courant du Golfe réchauffa le continent européen et le régime des eaux de l'Arctique se stabilisa définitivement.

Un pont entre deux mondes

Les preuves en faveur de la possible existence d'un continent au milieu de l'Atlantique ne serait pas uniquement géologique. La biologie aussi peut nous aider à éclaircir le mystère.

Depuis toujours, en effet, on peut observer des analogies entre la faune des Açores, de Madère, des iles Canaries, du Cap Vert, des Antilles et celle d'Amérique Centrale. De nombreuses espèces de papillons, de lombrics et de fourmis typiques des Açores et des Canaries se retrouvent en effet aussi en Amérique. Le phoque au ventre blanc est une espèce qui ne fréquente pas la haute mer, mais qui reste près des côtes. Eh bien, nous touvons des exemplaires de cette espèce tant dans la Mediterranée qu'en Amérique. Les ancêtres de ses phoques ont peut-être suivis une côte qui aujourd'hui n'existe plus ?

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Et que dire de l'énigme des éléphants ? Platon cite parmi les animaux qui se trouvent en Atlantides, les pachydermes justement qui ont eu origines en Amérique. Dans le monde Antique cette espèce n'existait pas, mais elle apparaît plus tard en Afrique. De quelle façon est survenue cette migration ? A travers de pont de terre dans l'Atlantique ?

Le même discours est valable pour les chevaux, initialement habitants du Nouveau Monde, puis arrivés dans l'hémisphère opposé et puis disparu de leur pays d'origine, où ils seront réintroduits par l'homme au XVe siècle. Et c'est la même chose pour les porc-épics, certains mammifères d'eau douce, reptiles, mollusques, crustacés, vers, etc...

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Certains animaux auraient, aussi, fait le voyages inverses ; il suffit de penser à l'antilope, originaire d'Afrique, mais présente sur les hauts-plateaux de la Sierra Nevada.

Les mêmes implications valent pour la flore. Les botanistes Ungeer et Osvaldo Herr fournissent en effet d'autres éléments pour démontrer l'existence d'un continent tertiaire. La similitude entre la flore miocène de l'Europe Centrale et celle actuel de l'Amérique Orientale est surprenant et démontre que certaines plantes ont migrés d'un continent à l'autre.

Découvertes sous-marine

Toutes ces conjonctures sont fascinantes même si elles peuvent être en partie constestées sans preuves plus tangibles, comme la présence effective de restes archéologique sur le fond de l'Océan. Certains indices en ce sens cependant existent.

En 1968 un naturaliste américain, Manson Valentine, découvrit que sous quelques mètre d'eau au large de l'ile de North Bimini (Bahamas) il existe certaines grandes pierres plates et alignées qui font penser à une sorte de pavement. Le cas fit grand bruit et diverses expéditions archéologiques furent organisées. La conclusion, selon certain un peu rapide, à laquelle arrivèrent les experts fut qu'il s'agissait en réalité de formation calcaire naturelles.

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Mais d'autres découvertes devaient arriver, encore une fois, des milieux scientifiques russes.

En 1974, le navire de recherches océanographiques Akademik Petrovsky photographia les fonds sous-marins aux environs des iles Horseshoe, à 450 km à l'ouest de Gibraltar. Au moment du développement il put remarquer que la cime de la montagne sous-marine Ampére, un haut plateaux sub-aquatique qui se dressait des profondeurs océaniques jusqu'à 60 m de la surface, montrait des configurations insolites sous forme de grande pierre apparemment travaillée, d'énormes blocs rectangulaire qui rappelleraient les ruines d'anciennes construction en pierre ...

Des découvertes sous-marines ont été instrumentalement relevées aussi par d'autres expéditions océanographiques internationale. Dans les iles Canaries, il existerait certains tunnels sub-aquatiques dans lesquels il est possible de retrouver des restes d'une civilisation qui précéda la population indigène des iles. Du moins c'est ce qu'affirme les membres d'une expédition italienne organisée en 1981 par la revue Mondo Sommerso (monde englouti). Le journaliste -explorateur Pippo Cappellano, chef de l'expédition, a visité les tunnels engloutis personnellement et il a trouvé des plaques taillées artificiellement très semblable à un pavement antique.

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Ce dernier, tout en laissant un large place au doute, a déclaré : "Il pourrait s'agir de l'Atlantide, ou pas. Mais ce que nous avons vu doit forcément être le témoignage d'une grande ville engloutie. Il n'est pas impossible que des milliers d'années avant les Guanchos (l'ancienne population indigènes des Canaries) d'autres hommes aient construits une ville, creusé des canaux, et équipé des ports. Mais il faut des preuves ...".

Texte écrit à partir d'un article paru dans la revue "Oltre la conoscenza" (Au-delà de la connaissance)

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