Des traces de l'Atlantide à Venise ?

Il y a un mystère très intrigant à Venise, sur lequel je travaille depuis plusieurs années : sur l'île de Torcello se trouve une pierre ronde incisée (fixée à un mur par des crochets métalliques sur lequel sont exposés d'autres découvertes anciennes - certains d'époque romaine, d'autres bien plus anciens - sur la placette où se trouve le musée de cette petite île qui, comme c'est connu, fut le premier lieu de refuge dans la lagune pour les populations qui fuyaient l'invasion barbare). Sur cette île, où aujourd'hui vivent environ 24 personnes, fut un temps on fabriquait les bateaux de la Serenissime, au temps où l'Arsenal de Venise (le plus ancien du monde) n'existait pas encore.

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Torcello existant avant Venise, et en effet la Cathédrale de Torcello est la plus vielle d'Europe.

Mais revenons à la pierre exposée.

Il s'agit d'un "rond" (une trentaine de centimètres de diamètre) incisé de façon tel qu'il m'a fait sursauter la première fois que je l'ai vu (j'avais 13 ans à l'époque) : je n'en croyais pas mes yeux ! La planimétrie de l'Atlantide !!! Du moins comme elle est décrite par Hérodote et Platon.

Des découvertes incroyables ont découlé de mes recherches par la suite, et elles m'ont amené à une origine probable de Venise, totalement différente de celle que l'on connait officiellement. Par ailleurs, durant une conférence (le 6 décembre 2003) tenue par le prêtre de l'Eglise de San Nicolò dei Mendicoli, après la restauration effectuée grâce au Fond Anglais et au Gouvernement Italien, j'ai pu entendre de mes oreilles que je n'étais pas la seule à penser de façon non orthodoxe, pour ainsi dire ... Le thème de la conférence était "De la Mendìgola aux résultats des véritables origines de Venise". Des notes prises à l'époque, des colloques avec le prêtre (qui peu de temps après fut envoyé ailleurs, comme par hasard), de ses études et des détails cités dans ses écrits et de quelques photos et documents anciens, émerge ce qui suit:

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"Le problème de connaître les origines de Venise est très répandu : des recherches d'Instituts Universitaires dans les îles et les "lagunes" de Torcello, des affirmations concernant des accointances romaines, des études de toponymie, des bibliothèques entières de volumes sur Venise et son histoire n'auraient pas donné la nouvelle que nous désirons tous, à savoir que Venise est une ville qui - grâce à des éléments précis et déterminés - remonte à une époque bien précise."

Nous sommes en effet persuadés que le tissu architectural, social, religieux, folklorique et surtout artistique pourrait nous offrir des signes d'une position précise non seulement dans l'espace, mais aussi dans le temps.

Mais il semblerait justement que la "Venise Historique" soit une autre, et que celle que nous connaissons tous soit en réalité la "Venise Chrétienne", ainsi restructurée et baptisée par l'oeuvre de fervents chrétiens du Ve et VIe siècle p.C., avec la fermeture de toutes les oeuvres mythologiques, notamment des temples et des lieux sacrés ; oeuvre, qui en se prolongeant jusqu'à une époque tardive, c'est-à-dire jusqu'à la fin des années 1700, a rendu totalement méconnaissable la Venise archaïque.

Une Venise archaïque ? Oui, bien sûr !

Faisons une brève incartade toponymique : Burano est un nom iranien et signifie Euphrate ; Sile est un nom qui répète celui d'un fleuve égyptien ; Mendìgola dans sa signification de barque, se réfère à Minos, d'où provienne les noms de Minoa et d'autres petits ports, où d'autres noms que les italiens utilisent familièrement comme Medoàco, Mandracchio, etc.

Mais avant de jeter un coup d'oeil à la ville, y compris à San Marco avec ses chevaux, il faut analyser cette première église. Pour la prendre en compte objectivement il faudrait cependant accomplir le geste que font ceux qui se préparent à entrer dans une mosquée : c'est-à-dire celui d'ôter certains schémas de l'histoire de l'art et mettre de côté un instant les schémas même de la lecture religieuse ; et le chercheur se trouvera face à ce que d'autres ont constaté : la vision d'un fait d'une authentique vérité.

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Cette église, dépouillée de ses structures lignées dorées comme ce fut le cas en 1902 - date liée à la chute du clocher de San Marco - comme le montre certaines photos d'archive de la Surintendance, se révèle avec ses arches harmonieuses ornées de bandes couleur verte et ocre ainsi que d'amples décorations florales.

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Il est difficile de croire que vers 1400-1500 on ait eu envie luxueuse des couvrir avec des arches de bois, les splendides arcades d'origine.

C'est ici que le discours s'arrête - en ce qui concerne la description de l'église médiévale, qui possède une iconographie qui ne correspond pas aux canons de lecture chrétienne - pour nous ouvrir une lecture complètement différente, qui parce qu'elle est confortée par trop d'éléments qui ont émergé ici et là, je me permets par amour pour les choses nets et précises de la présenter articulée en trois grands temps :

  1. Temps antique (2.000 a.C.) ;
  2. Temps moyen (du VIIIe siècle a.C.);
  3. Temps récent (du VIIe siècle p.C.).

Ce qui suit est présent non seulement dans cette église, mais aussi dans tous les édifices de Venise et des îles environnantes, qui stylistiquement sont attribués au roman, ou gothique, ou renaissant, ou au classique et parfois même au baroque.

Avant toute chose voyons le contexte :

Il semblerait qu'une émigration des îles de l'Egée et en particulier des Cyclades, dont Crète était le chef-lieu, soit parvenue dans les lagunes vénitiennes à partir de 2000 a.C. environ.

C'est une époque durant laquelle les pharaons d'Egypte (Règne moyen, XIe et XIIe dynastie, Sésostris, etc.) entretienne des rapports commerciaux et culturels avec l'empire minoen et donc avec la Crète, dont la capitale est Knossos. En faisant référence à la Crète, et donc au célèbre peuple de la mer, il semble facile à comprendre comment Venise ait été construite avec cette technique expérimentée qui a permis à la ville de surmonter chaque phénomène géodynamique et de parvenir intacte jusqu'à nous.

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Cette population immigrée en masse, était organisée en clans ou en petites tribus. Il est ainsi assez simple de constater de quelle façon chaque clan occupa son île, en y construisant - selon les exigences communes de ces gens - d'abord la résidence du Prince, puis celle du clan, donc la tour de prière.

Les caractéristiques de constructions communes et que l'on peut donc relever dans chaque édifice qu'ils ont construit devraient être les suivantes :

Pour la résidence du Prince - également lieu de rencontre de la Communauté, qui pouvait également assister aux sacrifices aux dieux - à l'extérieur on pouvait retrouver des vestibules, et à l'intérieur des dispositifs pour la séparation des sexes avec une distinction précise pour les zones réservées à la Communauté ; la présence de tribunes pour les femmes, abside et fenêtre de présentation pour le prince dans le fond de l'abside, où se trouvait également la zone consacrée aux dieux.

L'édifice orienté avec l'abside à l'est et la façade à l'ouest ; des mesures surs des multiples de trois, de cinq et de sept ; des arcs en plein cintre et des arcs aigus (il est intéressant de découvrir la fonction de l'arc aigu, qui sera par la suite transposé et utilisé de façon totalement différente).

A l'extérieur de plus il y aurait des ornements qui font référence au culte du taureau, et qui donne donc tout de suite l'idée d'un édifice sacré: je fais allusion aux volutes vaguement en demi-cercle, qui ne seraient autre que la stylisation des cornes taurines.

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Pour la résidence du clan, la construction se déroule très large, de plan central, avec abondance de cours, loges et passages couverts (kiosques), etc.

Adjacente à la résidence du clan se trouve de plus, la résidence du Prince lui-même.

Pour la tour, la construction se déroule sur de longues travées internes d'une hauteur de 3 m en général, avec des poutres reposant sur des consoles (barbacanes) de marbre. A l'extérieur, le couronnement en flèche - flanqué de quatre petites pointes aux angles, ou alors à double pente ou encore en dé - permettait sans doute d'être bien identifiée de loin par les navires qui pouvaient sans incertitudes emboucher le bon canal qui permettait l'approche à la résidence souhaitée. Serait-ce une néo-ziggourat ?

Les minoens étaient des gens très riches (ils possédaient des mines d'or), par conséquent ils auraient amené dans les lagunes des trésors immenses en maintenant avec la terre mère non seulement des rapports affectifs, mais aussi commerciaux ; ils ont pu construire ainsi dans ces lagunes avec une grande abondance de matériaux précieux comme la lapis lazuli, les métaux etc...

La technique utilisée dans les représentations serait celle du creux ou de la bague, de l'incision, de la glyptique. La finesse des oeuvre apparaîtrait telle que l'on ne pourrait pas exclure l'utilisation d'instrument pour l'agrandissement optique de l'image.

Mais à une époque qu'on ne parvient pas encore à préciser, un phénomène marin d'une énorme ampleur aurait mis en crise l'existence de ce peuple ; il s'agirait en effet d'une alluvion d'une hauteur de pas moins de 6 mètres au-dessus du niveau moyen.

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La boue et l'argile auraient recouvert toute chose pénétrant en profondeur dans toutes les incisions mural à l'intérieur et à l'extérieur des édifices, couvrant ainsi les cycles narratifs qui étaient évidemment les livres scolaires de ces peuples.

La boue et l'argile qui pénétrèrent profondément dans les parois et qui y seraient restées pendant des siècles, qui de plus à cause de la salinité ambiante - se sont par le biais d'un processus chimique transformées en pierre, à l'aspect décoloré.

L'empire minoen - envahi par les Barbares "ante litteram" (les Hellènes) - fut mis à genoux en 1.400. Une fois Knossos conquise, résidence royale et palais furent incendiés : une véritable destruction.

C'est à ce moment là qu'apparaît Mycènes, qui est une expression d'ensemble de la force hellénique et de la beauté minoenne.

Vers 1.100 environ, les Hellènes, c'est-à-dire les Grecs, partent à la conquête de Troie et au VIIIe siècle commence cette colonisation au-delà de la Mer Egée et Adriatique qui les conduit à fonder la "Magna Grecia", et à passer par-delà les embouchures du Po.

Une de ces migrations conquérantes serait parvenue à rejoindre les lagunes laissant des empreintes indubitables de leur présence dans les colonnes et les chapiteaux ioniens et corinthiens et dans les édifices qu'on ne pourrait pas expliquer autrement.

Tant les minoens que les mycéniens sont des peuples religieusement liés aux cultes qui sont communs à tout le Moyen Orient : le culte des morts, de la barque, du serpent, de la déesse mère, du taureau et peut-être de la Vierge du ciel.

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Le culte des morts est particulièrement riche avec des rites d'obsèques particulièrement complexes : les Minoens enterraient les morts après les avoir embaumé ; les Mycéniens, en revanche, les brûlaient, plaçant leurs cendres dans des vases de verre qu'ils déposaient dans des tabernacles.

Les Mycéniens arrivés dans les lagunes ne pensent pas du tout à retirer les murs de la boue qui les recouvre, mais ils étendent à même les parois - avec la technique de la fresque - les mêmes cycles représentatifs de leur croyance, qui suivent l'implantation de ceux déjà recouverts.

Un intérêt particulier peut résider dans le fait que ce serait justement les minoens, le peuple qui accueillera dans ses îles les paysans fugitifs à partir au moins du Ve siècle p.C. avec une touche encore plus généreuse et plus grande au VIIe siècle, quand arrivent les chrétien avec leurs Évêques et leurs Saintes Reliques.

Évidemment, l'impact entre chrétiens et païens est totalement pacifique, bien que le paganisme était désormais en pleine décadence ayant commencé sans doute à subir les premiers coups des chrétiens de la première heure, qui étaient très probablement les fervents descendants des chrétiens instruits et baptisés par les Apôtres Saint Pierre et Saint Paul eux-même.

Le christianisme par rapport au paganisme, était vu comme une doctrine supérieure et libératrice des peurs des dieux colériques et des fables impressionnantes, aux points que - les païens - avaient honte d'être encore des adorateurs des animaux et ils furent fascinés par le prestiges qu'avaient donnés à la religion chrétienne tous les martyrs, et que continuaient à donner les Évêques avec leur doctrine sage.

N'oublions pas qu'au IVe siècle, les régions qui vont du Piémont à la Lombardie et à la Vénétie, sont désormais chrétiennes ; Saint André de Vercelli, Saint Maxime de Turin, Saint Ambroise, Saint Jérôme, seront pour toujours des étoiles brillante pour l'Église d'Occident.

Il devient alors probable que, justement grâce à l'enthousiasme du peuple pour la nouvelle religion, du moins à partir du VIIe siècle, on se donne à faire pour recouvrir toute représentation mythologique en utilisant un matériau cimentaire quelconque : plâtre, chaux, marbre, marqueterie de marbre, etc...

Seront en premier lieu interessées par cet emprisonnement toutes les images offensant la foi ou jugées comme non licites, tandis que l'on optera pour une réutilisation - avec une autre signification - de tout ce qu'il sera possible de conserver.

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L'opération, qui commença à l'aube du Christianisme à Venise, continuera par étape jusqu'à la fin des années 1.700 ; ce qui signifie que l'on n'avait pas toujours à disposition les matériaux ou les artistes, et que la masse d'oeuvres était immense au point que nombre d'entre elle que nous attribuons généralement à l'époque classique du XVIe siècle, ne seraient autres que des oeuvres originales qui auraient été épargnées par l'action des camoufleurs.

Il est à présent plus facile de comprendre la chronique qui nous dit qu'aux alentours de l'an 1.000 Venise était un véritable chantier : c'est du moins ce que disait Galliciolli ! En effet, les chrétiens durent attendre longtemps avant de disposer de logements décents.

Ces derniers, venus de la terre ferme, fugitifs, privés de tout, avaient du s'établir dans des maisons de toile et de pailles (les célèbres "casoni") ; puis, aux alentours de l'an 1.000 - justement - ils parvinrent à construire leurs maisonnettes familiales ou en rangées, ou ruelle ou encore en campement. Dans les grands palais des clans s'étaient sans doute établies les grandes familles patriciennes comme les Ca'Giustinian, les Ca'Roman, les Ca'Vendramin, etc...

Les incendies, auxquels toutes les chroniques de Venise font références (date à l'appui 1105, 1114), ne seraient autres que des feux de joies avec lesquels on célébrait l'entrée dans les palais et plus encore dans les églises : ce serait des feux célébrant la Venise renaissant à la foi Chrétienne.

On peut donc considérer le 25 Mars du Ve siècle, comme le premier exercice liturgique de la première église de San Giacometo, qui de païenne est devenue Chrétienne.

La vie civile prenait une physionomie toujours plus conforme à la Foi, avec l'aide des Doges eux-mêmes. On continue l'activité commerciale avec l'Orient et Venise se déplacera entre les îles de l'Égée comme une soeur entre les soeurs d'un même palais.

Dans ce contexte, il me paraît assez difficile de donner raisonnablement du crédit à une histoire de l'art qui pour Venise est faite avec une succession des styles à peine plus de centenaires.

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Le style est le fruit des exigences de vie : chaque changement de style suppose une transformation ou un traumatisme ou une métamorphose collective d'un peuple, qui ne peut se faire que sur la distance de millénaires.

Après avoir implanté tout ceci comme décor général, voyons un peu si cette église et d'autres monuments citadins nous offrent des preuves pour cet argument.

L'église de San Nicolò, dans la phase primitive - c'est-à-dire antique - apparaît sculpté dedans et dehors. La construction fait des références précises à la "barque des morts", où à la "barque du Soleil", qui va d'Orient vers l'Occident. En effet, si nous voyons cette église renversée, nous pouvons observer que toit sert de quille, que les arcs avec les colonnes superposées seraient les représentations du sein maternel de la Terre avec autant de monuments sur les morts représentés dans la sculpture des parois : on sait qu'au alentours de 3.000 a.C., on donnait aux morts une sépulture en position foetale.

L'église présente une courbure (inclinaison) bien visible aussi dans la gondole ; sur le toit se trouve une roue pleine en fonction de poulie d'armement ; une des arcades est substituée par un seuil (linteau), probablement la porte d'entrée des morts.

Des zones réservées aux hommes et aux femmes il était possible de voir - peinte sur une grande table - la barque du défunt, soutenue par quatre colonnes à hauteur ou à la place de l'actuel iconostase. En plus de ces colonnes le mègaron ou salle d'accueil, fermée par des sièges en bois colorés avec la technique de l'incision, à deux mètres du mègaron se trouve la zone sacrée (actuel presbytère) identifiée par des cornes de consécrations qui flanquent l'autel.

Derrière l'autel, dans le fond de l'abside, la fenêtre de présentation par laquelle le Prince assistait aux sacrifices : la princesse y assistait à partir du matroneum dans le fond de l'église (l'actuel chorale).

Que les hommes et les femmes participaient à partir de zones séparées, est encore attesté par le fait que la barrière de séparation était encore debout en 1580.

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Toute l'église avait des niveaux différents de ceux que l'on constate aujourd'hui : 50 cm sur les nefs, on arrivait à 90 en croisée et à 1m20 au niveau de l'abside sous l'actuel pavement.

La zone des chapelles était marquée par des pièces alternées de couloirs-lumières internes.

Il y avait un autel pour chaque secteur de personne, où on pouvait déposer des résines, de l'encens jusqu'à recouvrir les images sculptées ou incisées au-dessus de l'autel actuel.

A Pellestrina, l'autel est même flanqué de deux représentations de pharaons spiritualisé. A l'extérieur se trouvaient deux vestibules : un pour les hommes et un pour les femmes. En façade, les salles de cantines et les services de cuisine. L'alluvion préhistorique est ici présent avec la boue jusqu'à une hauteur de plus de 5 m dans le presbytère.

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Dans la deuxième époque, ou époque moyenne, les Gréco-Minoens arrive à Mendìgola. Remarquons que cette île est la plus à ouest parmi celles du centre historique. A ce qu'il semblerait l'église se vide de la boue qui se déposait juste en dehors, dans les champs, de manière à former cette petite montagne qui sera dénoncée par les Gastaldi de 1500 dans les Pregàdi. Les parois sont ornées de fresques avec la répétition des représentations funèbres ou d'une vie en relation avec l'utilisation de cette zone ; par exemple, dans la zone de l'abside se trouve la scène des sacrifices et de la sépulture.

On se rend compte cependant bien vite de la fragilité des fresques. Pour représenter, la barque on avait à l'époque recours au bois et construira également les mannequins, qui portent des masques de momies ou de dignitaires de la cour avec des vêtements à fleurs en voyageur vers le Créateur, alors que les pleureuses - avec quelques allusions - indiquent l'Occident comme lieu de paix et de repos, et lancent en l'air des cris lugubre de deuil et de pleurs.

Les mannequins - en bois et orner d'une très fine dentelle d'or - sont positionnées en travers de façon à former cinq travées, tandis que la grande table de la barque est taillée en arc pour y placer bien en place les statues du Prince défunt entouré de personnes en pleurs. Il y a aussi le batelier, qui avec une longue perche de bois sonde le fond du canal.

Le rehaussement des pavements avait nécessairement impliqué la surélévation de la tribune. On la rehausse donc d'un mètre 20 et on la flanque de quatre colonnes corinthiennes sur lesquelles est étendu un baldaquin surmonté d'une coquille fleurie dominée par une croix dorée.

Dans le mègaron aussi, la substitution de la grande table avait nécessité la substitution des deux colonnes centrales de support, qui auraient constitué une désharmonie pour le rehaussement des niveaux.

La substitution se fait en positionnant comme soutient de l'iconostase six statues longilignes en fonction de cariatides.

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Tout le territoire vénitien à partir du Ve siècle p.C. est sous la pression des Barbares. Même Aquileia ne résiste pas et avec elle c'est Oderzo, Jesolo, Equilio, Altino et toutes les petites villes et villages d'un territoire plein de vie.

Au VIIe siècle l'invasion fut telle que c'est par dizaines de milliers que des paysans s'enfuirent en se réfugiant dans les îles avec leurs Évêques et leurs Saints.

Commence alors dans les îles cette transformation qui a Mendìgola est présent de manière bien plus éloquente.

La première transformation du monument de la "barque" se fait en transformant les mannequins de bois en les adaptant aux arcs latéraux. Les dignitaires de la cour deviennent les Apôtres, les personnes en deuil les anges, et même l'iconostase change sa physionomie quand à la place du grand capitaine du navire des morts se place un Crucifix peint sur la table.

Bien évidemment l'opération iconostase se fait bien plus tard, aux alentours de 1.200, quand la statue du prince est adaptée pour faire office de statue de Saint Nicolas. Les statues cariatides sont recouvertes par des élégantes colonnes, alors que toutes les colonnes des nefs sont recouverte de plâtre et de chaux.

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On mimétise aussi les fresques en tirant des figurines d'origines les images de Saints, comme c'est le cas dans l'abside, où au centre on parvient à tirer l'image du premier Patron San Lorenzo martyr en enfermant deux visages dans une auréole.

Comme cela a déjà été dit, même pour la pauvreté des gens qui vivent de pêche, de chasse ou de culture, l'opération se déroule sur de longue période. Les parois recouvertes, marquetés les autels, recouverts les tableaux de toiles, on arrive à 1550 pour revêtir l'église de cadres avec les histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament, c'est-à-dire avec la Bible des pauvres, on est en 1500 lorsque l'on ferme la "Porte de Présentation" en tirer une niche pour la statue du Patron.

La loge-matroneum devient le siège de l'orgue et en 1700 la chapelle avec l'autel funèbre de la zone des hommes deviendra l'autel du Sacrement.

A l'extérieur le vestibule de façade devient dès l'an mil, le nouveau siège ou schola des pêcheurs ; le vestibule latéral sera démoli en 1700 avec son lot de critique qui ont donné à Tassini une raison de broder la légende des trois statues de pierre tendre située dans des niches païennes de Prè Zaniol.

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La cantine était devenue - avec les autres pièces entre la façade et le campanile - un refuge désiré de soeur Sophie ou de Soeur Agnès qui avait l'intention de vivre là comme en ermite.

En même temps que la transformation de San Nicolò, on effectuait la transformation de la résidence du clan, le grand édifice qui entra en possession des pères réformés de San Bonaventura. Cette imposante construction minoenne sera destinée à devenir ensuite le monastère des Carmélites de Sainte Thérèse.

La tour de prière aussi cesse d'être ce qu'elle est. Elle servira bien vite de tour clocher, où en 1.700 (pour le placement des cloches et de l'horloge) on arrive à abattre bien 5 étages sur les 7 existants au départ.

D'autres monuments distingué de la ville furent manipulé de manière similaire.

A San Marco, le premier acte fut celui de déménager le quadrige de son siège séculaire pour conduire les chevaux à l'écurie ; la statue du Prince, du sommet de l'arc en ogive, deviendra San Marco en gloire ; à l'intérieur on commence la modification des mosaïque et leur substitution par des thèmes bibliques. La même iconostase cesse d'être une structure égéenne pour devenir une structure liturgique avec les statues des Apôtres et un Crucifix fut peint sur la table.

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Par la suite, les Dalle Masegne recouvrirent avec des marqueteries de marbre toute l'iconostase et substituèrent le crucifix peint par un Grand Crucifix, qui sera positionné sur le petit autel de la nef latérale gauche.

Les doges dissipent des trésors, pour faire du palais du prince défunt la Chapelle du Palais Ducal. Et ce sera Dandolo, après la victoire sur Constantinople, qui reprendra les chevaux et les remettant sur la loges, mais plus en bas, sur d'humbles rochers.

Avec la basilique, c'est aussi le palais du gouvernement de la polis grecque qui subissait une transformation afin de devenir le palais du doge.

Les grandes basiliques avec des couvents annexes comme les Frari, les Santi Giovanni et Paolo, les églises avec de vastes maisons canoniques, ne sont autres que les adaptations intelligentes de structures déjà préexistantes.

Dans toute cette oeuvre de déguisement, et donc d'adaptation pour une réutilisation chrétienne, on voit l'intelligence et la clairvoyance des Hommes d'Église.

A Mendìgola, arrivaient en effet des offrandes pro réparation et adaptation ; on mettait les dépôts dans les banques de Castello et de Montevecchio.

On lit également qu'en 1952 le Patriarche Priuli, en visite pastorale, fait l'éloge de Gastaldi et du clergé, pour avoir "réduit l'hérésie" selon les plans établis.

Aujourd'hui les personnes responsables sont divisés sur la question de savoir s'il faut ou non remettre des autels baroques dans l'Église de San Donato. Il semblerait que la question posée hors de ce contexte présente de difficultés notables pour une solution historiquement valable.

On est en train de rénover la Basilique de Torcello. Il nous est parvenu l'information que la grande mosaïque de l'Apocalypse aurait été remanié vers 1.100. Il s'agit d'un remaniement chrétien d'une oeuvre païenne dont la représentation démoniaque serait restée intacte ? Et le baptistère de façade était peut-être un vestibule, comme pouvait l'être l'église latérale de Santa Fosca ? Les stores de marbres sont toujours présents aux fenêtres de la nef nord !

Évidemment, on n'utilisait pas encore le verre pour les vitraux d'une construction qui possède tous les signes distinctifs d'un puissant clan qui y résidait !

Des basiliques des îles et du littoral nord et sud, la constatation que de nombreuses îles, déjà abandonnée par les religieux à partir du XIXe siècle, devenues proie des voleurs, qui détruisirent églises et monastères, se fait non seulement amère, mais prend même un caractère indigne. Comment est-il possible que justement à cette époque on ait permis une telle dégradation d'un patrimoine archéologique d'une valeur inestimable ?

Regardez San Giorgio, ou Santo Spirito (sur cette île, il y a 20 ans, on pouvait encore admirer les charpentes dorées de l'église (palais du prince)) et le splendide puits !

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Tout a disparu, volé. Ne parlons pas des îles de l'estuaire nord ! Aux noms encore empreints de magie et de fascination ! Elles sont aujourd'hui réduites à des tas de débris ! J'espère en secret qu'une vision différente de la ville - véritablement unique, parce qu'épargnée par les destructions telluriques, par les fléaux des guerres, encore fonctionnant et fonctionnelle - pousse les responsables à revoir leurs projets, y compris ceux retenus comme des plus urgents !

Un moment d'arrêt au chevet de cette malade, qui malade ne le serait pas vraiment, elle est seulement désireuse que ses pierres soient nettoyées de la boue plurimillénaire au milieu de laquelle et sur laquelle les vénitiens mangent, dorment et vivent, et que soient réhabilitées ces îles et ces lagunes qui depuis toujours l'ont protégée, même des plus grands alluvions, et grâce à qui elle est toujours debout après environ 4000 ans.

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Après ce que je viens de vous dire, je peux lire que l'architecte Mozzi, qui a touché de la main la chair de Venise, en profondeur, affirmait que les matériaux de silice retrouvés à l'occasion de fouilles dans le Palazzo Papadopoli et à San Michele di Zampanigo (Burano) devaient être attribués à des peuples d'Asie, et selon Ghelthof, la hache de chloromélanite - retrouvée à une profondeur assez importante - doit être attribué à des populations qui habitèrent la lagune il y a environ 4.000 ans.

Un support littéraire à mon hypothèse est constitué de la célèbre lettre de Cassiodoro aux Tribuns des Marittimi : "Vous -écrit-il - qui habitez les îles que la mer désormais couvre et découvre comme elle le fait dans les Cyclades".

Le ministre du Roi Longobardo de Ravenne - en demandant les navires aux lagunaires pour faire front contre les barbares - croyait politiquement faire une bonne manoeuvre en nommant auprès d'eux, les îles de leur Mère Patrie.

Klotz se sentit mal quand il affirmait que les vases minoens trouvés à Torcello pourrait être seulement des objets perdus par un marchand quelconque.

Peut-être que tout est à revoir sous cette nouvelle clé de lecture, non seulement l'histoire des origines chrétiennes, mais aussi la liturgie dite patriarchine présente jusqu'au Concile Vatican II, avec ses rites, chants, et mobilier liturgique non seulement dans le centre historique, mais aussi dans les îles ; l'histoire des Saints et le pourquoi on cherchait tellement les Reliques. Je pense qu'il existe déjà quelque chose de concret dans cet opuscule qui porte le titre : "De la Mendigola à l'an zéro de Venise".

Il reste beaucoup de choses à dire concernant les campaniles, en partant justement de la tour de San Nicolò. Les recherches évidemment se feront toujours plus grandes et intéressantes, si les moyens et les instruments scientifiques pouvaient être mis à disposition. Quoi qu'il en soit, en faisant honneur à son nom, Mendigola, la petite barque des morts, serait celle qui a accoster la première sur les rives des origines de cette merveilleuse ville.

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Mais comment ? Ne dit-on pas qu'il y a 15 siècles Venise n'existait pas encore, et qu'il n'y avait que des marécages et des îlots éparpillés dans la lagune, sur lesquels trouvèrent refuge les peuples en fuite ... etc etc... ? Moi qui ai étudié l'histoire de Venise pendant des années, je me suis toujours émerveillée de cette origine nébuleuse, comme du fait qu'on ne connaisse pas avec certitudes l'auteur de l'église San Marco. Est-il possible que l'architecte (un frère improbable) n'ait laissé aucune empreinte ? Et en pensant aux autres monuments très anciens dont on ignore l'auteur et qu'on a voulu attribuer de force à quelqu'un pour créer un alibi historique ... et bien je ne trouve nullement étrange de penser qu'il puisse y avoir des traces de l'Atlantide dans la lagune ! Mais bien entendu, l'idée qu'Attila ait séjourné à Torcello et qu'il ait fait construire un trône de marbre pour s'y asseoir est bien plus commode. Même si, en réalité, il y a un impact très suggestif pour le touriste qui s'assied sur le "Trône d'Attila" pour se faire prendre en photo...

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Une bonne question pourrait être : "De qui, les premiers peuples avaient appris, la technique pour la bonification des bancs de sables et de la construction fixe sur pilotis (des millions de troncs de mélèze coller les uns près des autres, de manière à former une série de plateforme - à relier par des ponts - sur lesquelles édifier des palais qui auraient survécu des millénaires) ? Il serait assez raisonnable de penser à l'expérience d'un peuple de la mer ! Et puis, qui aurait pu penser à construire un arsenal ? Je ne crois pas à l'hypothèse des peuples de la terre qui tentaient d'échapper aux invasions, mais plutôt à des gens qui avaient besoin de navires, parce qu'ils connaissent la mer et qu'ils en avaient besoin pour atteindre les lieux qu'ils connaissaient.

Les Egéens et tous les peuples du Mare Magnum, n'habitaient-ils pas ces îles aujourd'hui reliée à des découvertes archéologiques embarrassantes, au point de faire naître diverses hypothèses sur leur possible origine atlantes, et sur l'Atlantide elle-même ? Avec ces présupposés, dans l'hypothèse où Atlantide= Race Evoluée qui survécut dans certaines zones du globe, Venise pourrait être la phase finale d'une de ces filières, peut-être la seule qui ait survécu !

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Très peu de personnes connaissent la signification du nom Venise. Cela vient du latin veni etiam (revient à nouveau) et cela pourrait être une preuve qu'une ville insolite comme celle là laisse au voyageur le désir de revenir l'admirer. Toutefois, si Giulio Lorenzetti interprète l'étymologie de cette façon, je pense qu'il pourrait y en avoir une autre interprétation : "revient" (sous-entendu un précédent exode). Dans mon hypothèse, après une première immigration de peuples égéens échappés à un évènement catastrophique (par exemple le tremblement de terre et l'engloutissement de Thera) et qui se seraient réfugiés dans la partie la plus intérieure et la plus sûre de la lagune (île de Torcello), auraient commencé - à peine les conditions le leur auraient permis - à projeter un voyage en mer avec pour objectif de contrôler si un éventuel retour à la mère patrie était possible. Ils construisirent des bateaux, et alors que les marécages bonifiés et les premiers pilotis prenaient l'aspect de petites îles habitées, ils firent route vers leur terre d'origine... qu'ils retrouvèrent dans des conditions de ruines et totalement saccagées. C'est probablement à ce moment là qu'ils décidèrent de retourner vers le nord, dans cette lagune défendue naturellement par sa position géographique : de ce retour définitif, commença la grande tradition des navigateurs, commerçants, ingénieurs et architectes.

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