L'épée et la Coupe

Dans cette brève étude sur les archétypes de l'épée et de la coupe je voudrais détruire un préjudice qui imprègne tout notre savoir et notre imposition de pensée, c'est-à-dire que l'homme dans toute son histoire s'est toujours vu lui-même et son environnement de la même façon.

Le rationnaliste pourrait objecter que les organes des sens ont toujours été les mêmes, et donc que la perception et la façon de se positionner façon au monde ont toujours été, dans les grandes lignes, les mêmes.

Malheureusement il n'aurait pas prit en considération le fait que la perception est basée sur la conscience et que donc elle dépend de cette dernière.

Des études anthropologiques confirment que la conscience change très souvent avec le mode de pensée, et qu'elle dépend substantiellement de l'éducation dont elle prend son enseignement (des données extérieurs acquises), soutenue par les nombreux historiens et scientifiques comme Aldous Huxley, le père Hugo Enomiya-Lassalle ou Albert Hofmann.

C'est un thème qui mériterait des études scientifiques et anthropologiques bien plus profondes et qui conduit au mystère même de notre essence (la conscience).

En retournant à l'épée et à la coupe, je les ai choisies parce qu'elles sont deux symboles qui représentent deux positions différentes de la pensée et de la conscience qui ont eu une grande diffusion, et donc qui avaient indubitablement un grand potentiel de signification symbolique au niveau de l'insconscient collectif.

La coupe est le symbole de la vulve, héritage du culte de la Grande Mère-Univers adorée depuis le paléolithique et qui représente un état de conscience où l'homme retourne à la symbiose avec le cosmos, une religiosité qui est toujours présente dans le Taoisme.

L'épée par contre est le symbole de la force, de la virilité, symbole uranique qui avec sa lame divise le "bien" du "mal", symbole de la conscience tournée vers la domination sur l'environnement vers l'affirmation despotique du moi, le type de religiosité des religion monothéïste.

La coupe est représentée dans de nombreux mythes antiques, comme le chaudron de Dagda chez les Celtes, la Corne d'Abondance chez les Grecs, le Graal auprès des premiers chrétiens, par la suite elle sera aussi le flacon des alchimiste et le chaudron des sorcières.

Même le Mandala des bouddhiste qui renferme le tout et qui deviendra la rosace des cathédrales gothique peut être reconduit à la même aire sémantique, comme peut l'être aussi auprès des taoïstes la fleur de lotus portée par la déesse Kuan-Yin qui contient le nectar de l'immortalité ou auprès des Indiens le Samudra, récipient qui conserve le sang d'Agni.

L'épée assumera une grande importance à partir du Moyen-Âge, quand les épées auront un nom et seront le symbole de justice et de pouvoir (pouvoir de la conscience sur l'environnement).

L'épée est empoignée par Vishnu qui avec elle, durant l'apocalypse Hindou fondera la nouvelle ère du Dharma, nous la trouvons aussi dans la main du Tyr germanique, de Bodhisattva, de l'islamique Khatib et même des anges, des chérubins, et du Christ lui-même, remontrant ainsi sa valeur de signe de lumière, de connaissance en tant que pouvoir.

Ces mêmes symboles nous les retrouvons dans les cartes avec les bâtons et les pièces de monnaies qui avec la lance de Lug et la pierre du destins font parties des objets confiés aux homme par les Tathua de Danaan.

Mais que représentaient-ils au juste ?

Le fait d'être deux symbole sexuel fait en sorte qu'ils représentent deux façons de se poser face à l'environnement et ils sont à la fois opposés et complémentaires, l'un masculin dominé par l'hémisphère droit du cerveau, donc rationnel et poser vers l'instinct de survie, l'autre féminin et dominé par l'hémisphère gauche donc intuitif et dirigé vers l'instinct d'annulation (en temps qu'union avec l'univers).

L'alchimiste et la sorcière, gardiens de la connaissance tellurique, cherchaient à accomplir dans les chaudrons et les flacons les mêmes mutations qui surviennent dans l'univers, de simuler la nature pour s'y identifier à nouveau, pour retourner vers la Grande Mère.

Au contraire, le Chevalier et le magicien cherchaient dans l'épée la vérité et la justice, le pouvoir qui amène à l'auto-amélioration et au sacrifice pour la perfection et l'identification entre l'Absolu et l'identité personnelle.

A ce moment là nous pouvons nous demander à quel niveau de conscience correspondent ces deux archétypes.

La réponse nous pouvons la chercher avant tout dans les connaissances que nous avons ; le type de conscience "de la coupe" est celui des sociétés matriarcales qui vénèrent la Déesse et qui restent enracinées pendant longtemps dans la culture mais qui n'est restée dans la conscience que de quelques mystiques ; à l'opposé celle "de l'épée" est une conscience rationnelle qui divise le vrai du faux, qui aspire à dominer la matière qui n'est plus mère mais antagoniste de la conscience, qu'il faut exiler avec le tranchant de la raison et soumettre à son propre vouloir ou a celui d'une divinité faite à notre image, une projection du désir de la toute puissance du moi.

Ces deux symboles continuent de fasciner les foules, parce qu'ils font partie de notre inconscient collectif, se sont deux portes vers deux niveaux de conscience et de mode de pensées différences qui sont encore recherchés comme forme d'illumination et de salut de la part de toute l'humanité : l'un (la coupe) nous relie à la terre et nous fait participer à l'univers en nous indiquant dans le respect et dans la communion avec l'environnement et la Terre Mère le véritable salut, l'autre (l'épée) nous enseigne à dominer les instincts autodestructeurs et nous pousse à l'auto-amélioration.

Face à ces deux puissant symboles qui représentent deux polarités opposées de notre conscience et de notre être, comme le yin et le yang, notre devoir est de retrouver un équilibre, véritable source de bien-être et de bonheur, dans une société clairement déséquilibrée sur les aspects masculins et appartenant à l'épée

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