Géométrie et Astronomie sur le site de Tre Camini à Cômes.

La récente découverte du "Grand Cercle de Cômes", dans la localité de Tre Camini- Ravona à l'ouest de Cômes, remontant à la culture de Golasecca, a posé certaines questions interessantes du point de vue archéologique, avant toute autre celle de sa fonction réelle. Déjà à partir d'un premier examen exécuté par la Professeur Iorio de la Surintendance Archéologique de Lombardie, le résultat évident est que la seule fonction possible pour cette ouvrage ou du moins celle qui paraît la plus probable (à l'état actuel des recherches nous n'en connaissons pas d'autres qui soient raisonnablement possibles) est celle d'un lieu sacré où des observations astronomiques étaient faites durant une période chronologique qui s'étend entre le VIIe et le le VIe siècle a.C., époque de grand développement de la Culture de Golasecca dans la région de Cômes.

Vue Satellite du site

Le site archéologique du "Grand Cercle" photographié par satellite.

 

A ce qu'il semblerait les Comenses construisirent cet ouvrage justement en ayant pour but ultime d'observer le ciel et de maintenir sous contrôle les point de lever et de coucher des corps célestes les plus lumineux, visibles à l'oeil nu, et leur mouvement apparent sur la sphère céleste durant le cours de l'année. La finalité ultime de cet ouvrage et de l'activité que certains personnages spécialisés aurait pratiqué à cet endroit furent probablement liées à la planification des cérémonies religieuses qui devaient être célébrée en correspondance de date particulières établies le long de l'annéée et la planification de l'agriculture et de l'élevage du bétail.

 Image satellite du Grand Cercle

Image satellite du "Grand Cercle".

Le site de fouilles dirigé par la docteresse Iorio de la Surintendance Archéologique de la Lombardie a montré que l'ouvrage est caractérisé par une structure très particulière formée de deux rangées de pierres distantes d'environ 1,80 m qui délimitent deux cercles concentriques, d'environ 69 et 67m respectivement, au centre géométrique desquels est situé une plate-forme circulaire d'environ 27m de diamètre qui montre un pavement de galet sur la demi lune nord, tandis que sur la moitié méridionale le pavement est absent et est substitué par un remblai de terre battue de couleur sombre qui en délimitait parfaitement le profil semicirculaire.

Géométrie et orientation du Site

Géométrie et orientation de l'ouvrage.

La dichotomie par ailleurs très nette et évidente se passe le long d'une direction qui se développe elle-même le long d'une ligne orientée selon un azimut astronomique, compté à partir de la direction nord du méridien astronomique local et comptée positivement en tournant vers l'est, équivalent à 281°,6 vers l'ouest et 101°, 6 vers l'est. Au centre géométriquede la plate-forme circulaire est situé un trou de pieu d'environ 40 cm de diamètre dans lequel à l'originé était logé un pieu vertical d'environ 30 cm de diamètre. Dans la partie méridionale du corridor périphérique délimité par la double rangée de pierres, il existe un autre trou de pieu de dimensions comparables avec celles du trou central qui est positionné de manière à matérialiser, avec ce dernier, une ligne qui est orientée selon un azimut astronomique équivalent à 11°,6 vers le nord et 191°,6 vers le sud. Cette ligne s'avère orthogonale avec une précision considérable à la ligne de démarcation entre les deux secteurs semi-circulaires qui composent la late-forme centrale de l'ouvrage. Il apparait tout de suite évident que les deux pieux avaient pour fonction de matérialiser un alignement le long d'une direction particulière tournée de 11°,6 vers l'est par rapport à la direction nord du méridien astronomique local.

Modèle géométrique du "Grand cercle"

Modèle géométrique du "Grand Cercle". L'espace interne compris entre les deux rangées de pierres externes et la plate-forme centrale a été divisé en une série de secteur d'une amplitude angulaire constante équivalent à 5° chacun.

 

Les fouilles archéologiques ont aussi mis en évidence que l'espace interne compris entre les deux rangées de pierres externes et la plate-forme centrale a été divisé en une série de secteurs d'une amplitude angulaire relativement constante, mis en évidence alternativement par l'apport de terre de couleur claire et sombre de façon à ce que le contraste chromatique soit très évident. Dans certain cas la démarcation entre chaque secteur fut soigneusement établie alignant en sens radial des séquences de pierres de petites dimensions et de couleur clair de façon à ce que l'éventail de couleur alternée soit très évidente.

Il est difficile d'établir avec précision en combien de secteur ait été divisée à l'origine la zone circulaires internes de l'ouvrage, mais en voyant l'amplitude angulaire moyenne de tous ceux qui sont visibles il est possible d'établir que l'angle moyen au centre de chaque secteur est équivalent à environ 5°. La zone toute entière s'avère donc être divisée en 360°/5° = 72 secteurs, 36 clairs et 36 sombres, dont la moitié se trouve dans la partie orientale de l'ouvrage et l'autre moitié dans la partie occidentale. Le rapport entre le diamètre moyen du cercle extérieure et celui de la plate-forme est équivalent à environ 2,5 donc le rayons de l'ouvrage est environ 2 fois et demi le rayons de la plate-forme centrale. Le fait que ce rapport soit très proche d'une valeur exacte suggère un choix délibéré dans les dimensions des principaux composants de l'ouvrage influencé d'un quelconque critère logique particulier. La première question à laquelle il faut nécessairement répondre concerne la fonction de la double rangée de pierres périphériques distantes entre-elles d'environ 180 cm. Si l'on raisonne en terme d'archéoastronomie la réponse est relativement simple et immédiate : les deux rangées de pierres définissaient un corridor que l'on pouvait parcourir facilement à pieds par une ou plusieurs personnes. Le corridor qui se développait à l'origine le long de toute la circonférence permettait de garder en vue le pieu situé au centre de l'ouvrage de façon à collimater n'importe quel point de l'horizon naturel local en correspondance de ce qui pouvait être observé au lever des astres, à l'est, et à leur coucher à l'ouest, en maintenant la même distance avec le poteau central.

Fonction du corridor

La fonction du corridor délimité par les deux rangées de pierres était celle d'établir la position de l'observateur qui au moyen de la collimation du pilier central pouvait exécuter les déterminations de la position du point de lever et de coucher des astre à l'horizon naturel local.

Le principal astre visible quotidiennement à l'oeil nu dans le ciel est le Soleil dont le diamètre angulaire moyen durant l'année est de l'ordre du demi degrés, donc 30 ' d'arc environ. En supposant que l'observateur situé à la périphérie de l'ouvrage, dans le corridor délimité par la double rangées périphérique de pierre, collimate le disque solaire au lever et au coucher derrière le pilier centrale de façon à l'occulter entièrement et il aurait exactement rejoint la plus grande précision de collimation et donc la plus grande précision dans l'établissement de la position de l'astre par rapport à l'horizon naturel local. La distance à laquelle l'observateur doit se positionner afin que le pilier verticale de 30 cm de diamètre couvre exactement le disque solaire est équivalente à 34 m, mesure linéaire qui correspond exactement au rayon extérieur du "grand cercle" : il va de soit que son rayon a été établit par les "Comenses" en exécutant la collimation du disques solaire derrière le pilier centrl à l'aube et au coucher entre les arcs de lever et de coucher solaire en reculant et avançant jusqu'à ce que soit atteinte la disctance exacte de collimation. Pour être totalement logique il faut aussi rappeler que par une curieuse coincidence, non seulement le Soleil, mais aussi la Lune a un diamètre angulaire apparent moyen de l'ordre des 30' d'arc, donc la détermination de la distance optimale de collimation de la Lune faite avec le même critère de celle du Soleil aurait fournit à peu près la même valeur, c'est-à-dire 34 mètres, donc il n'est pas possible avec les données à disposition, faire la différence entre le Soleil et la Lune, pour savoir quelle était la cible utilisée pour établir le rayon extérieur de l'ouvrage.

L'utilisation de l'un ou l'autre astre implique une différente impostation ideologique de qui exécute pratiquement les observations astronomique : dans le cas du soleil on opère durant le jour : de l'aube au coucher, tandis que dans le cas lunaire on opère de nuit. Dans les deux cas l'astre de référence devait être positionné au-dessus de l'horizon naturel local et la hauteur limite pour la collimation efficace dépend de la hauteur du pilier central. Du point de vue statistique on peut raisonnablement émettre l'hypothèse que le pilier verticale de diamètre de 30 cm avait une hauteur d'environ 5 mètres du sol. Un pilier vertical de 5 mètres de hauteur quand il est illuminé par le soleil au point culminant au solstice d'hiver projette, à la latitude du "Grand Cercle" de Cômes une ombre qui s'étend vers le nord sur environ 13,6 m : cette mesure corresponf exactement au rayon de la plate-forme centrale de l'ouvrage au point de laisser penser que sa dimension ait été déterminée justement sur base de la culmination solaire au solstice hivernal.

Nous avons, à ce point, avancé quelques hypothèses raisonnables en relation aux dimensions linéaires du "Grand Cercle" et de la plate-forme centrale : le Soleil fut donc l'astre qui fut le plus probablement utilisé pour donner les dimensions de l'ouvrage. Nous devons à présent examiner l'autre aspect du problème : la géométrie particulière de la plate-forme centrale qui correspond à une figure circulaire de 27 m de diamètre qui fut recouverte de galet d'un côté uniquement, c'est-à-dire, juste sur la demi-lune septentrionale. La ligne de dichotomie entre les deux sections en demi-lune est alignée selon une direction dont l'azimut astronomique est équivalent à 101°, 6 par rapport à la direction nord du méridien astronomique locale vers l'orient, et à 281°,6 dans la direction occidentale. Le calcul astronomique exécuté pour le VI-Ve siècle a.C., époque du développement maximum du site selon les évaluations faites par les archéologues, nus montre que dans la direction orientale la ligne de dichotomie est dirigée vers le point de lever, à l'horizon naturel local, des étoiles Minkata, Alnilam et Alnitak, qui font partie de la dite Ceinture d'Orion.

Directions astronomiquement significatives

Direction astronomiquement significative relevées dans le "Grand Cercle" de Tre Camini - Ravona (CO)

Durant les VI - Ve siècle a.C. les étoiles de la Ceinture d'Orion avait un lever héliaque autour du solstice d'été qui à cette époque survenait, selon le calcul astronomique, le 29 juin du calendrier Julien appliqué au temps passé. A partir de ce jour la constellation d'Orion surgissait quotidiennement anticipant le Soleil d'un peu moins de 4 minutes par jour de façon à ce qu'on pouvait la voir dans le ciel, de plus en plus haut avant l'aube, jusqu'à la mi-novembre quand la constellation se couchait le matin en concomittance avec le lever du Soleil (coucher achronique). Quelque jours après elle réapparaissant au soir surgissant tout de suite après le coucher de l'astre diurne (lever achronique) restant visible dans le ciel vespéral toutes les nuits jusqu'à fin avril, quand se rapprochant progressivement du soleil elle se couchait tout de suite après lui (coucher héliaque). Par après, après avoir été invisible à cause de la conjonction avec le soleil, la constellation d'Orion réapparaissait à son lever héliaque proche du solstice d'été suivant complétant son cycle annuel.

Ceinture d'Orion

Le cycle annuel de la constellation d'Orion aurait pu établir un système de référence univoque le long de l'année à utiliser aussi bien pour la planification de l'agriculture et de l'élevage, que pour l'administration du culte.

 

Pour la rédaction de cet article je souhaite remercier :

  • La docteresse Stephanie Iorio, de la Surintendance Archéologique de Lombardie pour avoir gentiment répondu à mes questions.
  • Mon ami Adriano Gaspani, de L'institut National d'Astrophysique de l'observatoire de Brera-Milan, pour son soutient indéfectible, ses explications astronomiques et de m'avoir donné les contacts nécessaire.
  • L'Association culturelle Archéologie et Mystères, association italienne à la recherche de la vérite, pour m'avoir fourni les illustrations nécessaires à mes articles. 

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